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Roumanie: nouveau revers pour un projet de mine canadien

Roumanie: nouveau revers pour un projet de mine canadien

Le clocher d'une église d'un village submergé par un lac pollué est aperçu, près de Rosia Montana.Photo Archives / AFP

BUCAREST - Un village du centre de la Roumanie où une compagnie canadienne comptait ouvrir une mine d'or a été classé monument historique, un statut le mettant à l'abri contre toute activité minière, a-t-on appris jeudi auprès du ministère roumain de la Culture.

«Le village de Rosia Montana a été classé monument historique d'intérêt national, sur un rayon de deux kilomètres», a déclaré à l'AFP le conseiller du ministère chargé du patrimoine, Adrian Balteanu.

«Sur un tel site, toute exploitation minière est exclue», a-t-il ajouté.

Cette mesure porte un nouveau coup à la compagnie canadienne Gabriel Resources, qui prévoyait d'y extraire 300 tonnes d'or et 1600 tonnes d'argent sur 16 ans, en utilisant 12 000 tonnes de cyanure par an.

Selon les experts, ce projet comportait des risques de pollution et menaçait de détruire des galeries minières romaines uniques en Europe.

«Le ministère de la Culture se met enfin au service de la protection du patrimoine», s'est félicité le professeur d'histoire Ioan Piso, l'un des principaux opposants au projet voulu par l'entreprise canadienne.

«Si cette mine était ouverte, la Roumanie aurait perdu aussi bien un monument historique unique que l'or qu'il recèle, tandis que le site serait devenu un désert lunaire», a-t-il ajouté.

Selon lui, Rosia Montana avait figuré sur la liste des monuments historiques jusqu'en 2004, lorsque le site en avait été éliminé «lors de l'une des nombreuses illégalités ayant entaché le parcours de ce projet».

«C'est un pas important, on doit maintenant s'assurer que ce classement sera respecté», a pour sa part déclaré Eugen David, président de l'association Alburnus Maior qui lutte depuis de nombreuses années pour bloquer le projet minier.

Sollicité par l'AFP, Gabriel Resources n'a pas souhaité commenter la décision de Bucarest.

Après avoir attendu pendant plus de 15 ans un permis crucial du ministère de l'Environnement pour lancer les travaux, la compagnie avait annoncé en juillet avoir demandé un arbitrage international pour obtenir des dédommagements.

Initialement favorable à la mine, l'ancien gouvernement de gauche avait fait volte-face en 2013, après une vague de protestation sans précédent en Roumanie. 

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