Denise Proulx
Agence QMI

Vol à l'étalage: des pertes de 600 millions $ dans les épiceries

Denise Proulx

Le propriétaire du Métro Plus Perrier & Martel de Laval, Alain Martel, a eu beau installer des dizaines de caméras perfectionnées sur les étalages et dans les sections réfrigérées, il y a toujours un fin finaud qui réussit à lui voler de la nourriture ou de la boisson. Il y perd des milliers de dollars d'épicerie par année.

«J'ai jamais calculé les pertes que cela représente. Ce serait trop décourageant», reconnaît le propriétaire du supermarché.

Même si le phénomène n'est pas nouveau, il observe que l'augmentation des prix des produits de base et des viandes incite bien des consommateurs à tenter de passer des aliments sous le manteau.

«On n'a pas de statistiques sur la quantité de nourriture et de boissons subtilisées par année. On estime que les pertes s'élèvent à 1 % du chiffre d'affaires d'un épicier», déclare le président -directeur général de l'Association des détaillants en alimentation du Québec, Florent Gravel, qui représente 8000 détaillants au Québec.

On parle de plus de 600 millions $ de pertes par année au Québec.

À l'automne dernier, Florent Gravel avait accusé divers réseaux de trafiquants d'être de mèche avec des employés, pour sortir des morceaux de viande, alors que le prix du bœuf continuait à grimper. Le prix du bœuf a subi une hausse de 30 à 40 % depuis 2012 et les prévisions de 2016 annoncent une autre croissance d'au moins 4,5 %.

Selon ses estimations, 30 % des vols d'aliments sont effectués par les employés et 70 % par les consommateurs.

Police inefficace

M. Gravel se désole de la manière dont la justice traite le phénomène.

«La police ne se déplace pas souvent pour le vol de nourriture», ajoute le porte-parole de l'Association.

Selon son analyse, la police n'enregistre pas une plainte d'un vol sans violence, si la personne n'est pas prise sur le fait. Et les pénalités imposées aux voleurs lui apparaissent insuffisantes pour les décourager.

Tant à la Sûreté du Québec qu'au Service de police de la Ville de Montréal, les porte-parole aux communications reconnaissent qu'aucune donnée ne permet de quantifier spécifiquement le nombre de vols en épicerie. Ce type de vol est comptabilisé soit sous la rubrique de vol à l'étalage ou de vol de moins de 5000 $.

Des technologies en développement

En 2016, l'Association misera sur de nouvelles technologies pour contrer le vol à l'épicerie.

Elle s'inspire d'expériences réussies en Europe, où des puces électroniques sont introduites sur des emballages d'aliments prisés. Une expérience-pilote est en cours avec la firme Moishes qui a collé une puce dans l'emballage de certaines pièces de steak vendues dans des IGA.

D'autres expériences de déclencheur d'alarme seraient en cours dans des épiceries Provigo.

Mais, le principal obstacle à ces technologies demeure le prix.

«C'est bien trop cher à mettre en place. On ne l'utilisera pas. On travaille différemment», lance Alain Martel.

«L'industrie travaille à abaisser les coûts de ces technologies qui pourraient être posées sur les emballages. Ça demeure une façon efficace d'éviter le vol à l'étalage», ajoute Florent Gravel.

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