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Uber: l'inaction du gouvernement dénoncée

Dernière mise à jour: 05-01-2016 | 12h47

MONTRÉAL - L'inaction du gouvernement concernant la tarification abusive d'Uber à la veille du jour de l'An a été vivement dénoncée mardi par la Coalition Taxi et le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM).

Alors qu'il qualifie les fluctuations de tarif d'Uber de «tout à fait déraisonnables» et de «vol», le ministre des Transports Robert Poëti laisse entendre du même souffle qu'il n'agira pas davantage contre le service illégal et déloyal avant la fin des projets pilotes en cours dans le domaine du taxi, soit avant 2017», a déploré la Coalition Taxi par voie de communiqué.

Le porte-parole de la Coalition, Guy Chevrette, a souligné que malgré les efforts de l'industrie pour se moderniser comme il le lui avait été demandé, le gouvernement ne semble pas vouloir sévir contre Uber.

Pour sa part, même si le RTAM se réjouit de voir le ministre Poëti «appeler la population à la prudence au sujet des transporteurs illégaux», il estime néanmoins que cette réaction est insuffisante.

«Le Québec n'est pas le Far West. Le ministre des Transports appelle la population à ne pas se laisser rouler dans la farine par les transporteurs illégaux alors que le shérif, c'est lui», s'est insurgé Benoit Jugand, porte-parole du RTAM. «Les déclarations de Robert Poëti ne sont que de la poudre aux yeux», a-t-il ajouté, soulignant que «l'inaction du gouvernement fait des citoyens des victimes de politiques tarifaires spéculatives et abusives».

Lundi, le ministre des Transports avait réagi à la majoration des tarifs du service Uber, qui ont atteint jusqu'à huit fois le prix habituel durant la soirée du Nouvel An.

Il avait qualifié ces pratiques de «tout à fait déraisonnables» et avait incité les citoyens à «refuser de prendre les taxis illégaux».

Recours collectif: «les chances de succès sont minces»

Alors qu'une cliente d'Uber a évoqué la possibilité d'intenter un recours collectif contre la compagnie après avoir accepté une majoration de tarif, un avocat consulté par TVA Nouvelles estime que les chances des utilisateurs d'avoir gain de cause «sont minces».

Selon Me Michel Larouche, dès l'installation de l'application Uber sur son téléphone intelligent, un contrat lie l'utilisateur à la compagnie.

«À première vue, cela semble difficile d'intenter un recours et d'avoir un succès au bout du compte. Le premier geste que la personne pose, c'est d'installer l'application sur son téléphone et, comme la majorité des applications, on accepte des conditions. Évidemment, elles comportent plusieurs pages et peu de gens les lisent. Tout le monde accepte, mais un contrat naît à ce moment-là entre la compagnie et l'usager», a expliqué l'avocat.

Depuis quelques jours, certains clients d'Uber ont dénoncé les agissements de la compagnie dans les médias après avoir reçu une facture de plusieurs centaines de dollars pour une course. C'est que les utilisateurs ont accepté la majoration de tarif d'Uber qui fait fluctuer le prix de son service en fonction de l'offre et de la demande.

«D'après ce que je comprends, lorsqu'il y a une majoration, on nous l'indique clairement et on doit accepter. Je crois qu'il est même indiqué quel montant sera majoré le tarif. Si Uber se défend, il va sûrement indiquer qu'il y a une façon d'estimer la course et donc de calculer approximativement le montant qui sera facturé au client», a précisé Me Larouche, qui estime que juridiquement, les chances de succès sont minces pour ceux qui voudraient intenter un recours.

Malgré tout, l'avocat croit qu'Uber peut contribuer à améliorer les choses. «Il y a probablement lieu de revoir la façon de faire au niveau de la majoration. Soit de changer les règles et de l'exclure ou de l'indiquer de façon plus claire», a-t-il précisé.

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