Carl Renaud
Agence QMI

Recours collectif autorisé contre Desjardins

Recours collectif autorisé contre Desjardins

La Cour supérieure autorise un recours collectif contre deux filiales du Mouvement Desjardins.Photo Archives / Agence QMI

Carl Renaud

MONTRÉAL - Des clients de Desjardins qui n'ont pas fait un seul sou en confiant leur épargne à l'institution, entre 1998 et 2008, pourraient obtenir un dédommagement.

La Cour supérieure vient d'autoriser un recours collectif contre deux filiales du Mouvement Desjardins, Desjardins Sécurité financière (DSF) et Desjardins Gestion d'actifs (DGA).

Les épargnants concernés par ce recours ont investi dans deux dépôts à terme, qui étaient distribués par DSF et DGA. Ces investisseurs ont placé leur argent dans les produits Indices Plus Stratégique et Indices Plus Tactique pour des termes de trois à huit ans.

Des dépôts d'au moins 500 millions $

Les sommes déposées dans les deux dépôts à terme seront divulguées dans le cadre du procès. Mais selon une estimation obtenue par Argent, elles se chiffrent à au moins 500 millions $.

«Le capital du placement était garanti. Si un investisseur déposait 1000 $ pour cinq ans, il récupérait 1000 $ à la fin du terme. Mais en plus, Desjardins disait que le placement allait produire un rendement intéressant», a expliqué Me Serge Létourneau, de Létourneau Gagné, l'un des cabinets impliqués dans le recours.

Me Létourneau a rappelé que les investisseurs n'ont obtenu aucun rendement pendant la quinzaine d'années pendant lesquelles leurs dépôts à terme étaient en vigueur.

Pour chaque tranche de 100 $ déposée, Desjardins plaçait 80 $ dans un véhicule financier à faible risque (pour garantir le capital) et 20 $ servaient de levier pour investir dans des produits dérivés, qui auraient pu générer des rendements. La crise financière a cependant empêché Desjardins de livrer les rendements escomptés par l'investissement des tranches de 20 $.

Dans la requête présentée à la Cour supérieure, les demandeurs Jean-Paul Dupuis et Francis Tremblay expliquent que Desjardins faisait la promotion de ses produits en indiquant qu'ils alliaient «sécurité et performance, malgré les hauts et les bas du marché».

«Elle (Desjardins) aurait toutefois omis d'informer les éventuels investisseurs qu'une partie du capital investi était utilisé pour effectuer des opérations financières risquées qui ont eu pour effet d'exposer ces placements aux fluctuations des marchés financiers, entraînant la perte de la totalité des sommes affectées au rendement», peut-on lire dans la requête.

Différents dommages sont réclamés pour remplacer les rendements perdus.

Réaction de Desjardins

Chez Desjardins, le porte-parole André Chapleau indique que l'institution financière rejette les allégations du recours.

«Nous avons l'intention de défendre vigoureusement notre position», a-t-il indiqué.

La cause lancée en 2011 sera entendue à Québec l'an prochain. Une autre requête pour autorisation d'exercer un recours collectif a été déposée contre Desjardins, il y a quelques années. La cour doit encore déterminer si elle entendra la cause.

Dans la deuxième requête, des clients de Desjardins demandent des dommages pour des produits d'investissement comparables, acquis dans le réseau des caisses. Ces épargnants auraient été privés de rendements sur des investissements estimés à 5 milliards $.



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