Carl Renaud
Agence QMI

Dépoussiérer le modèle québécois

Dépoussiérer le modèle québécois

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Carl Renaud

MONTRÉAL - Plus d'un Québécois sur deux (53 %) croit que le modèle québécois n'est plus adapté aux réalités d'aujourd'hui. C'est ce qu'indique un sondage Léger réalisé pour le compte de l'Institut du Nouveau Monde et du magazine L'actualité.

Les deux partenaires ont commandé le sondage pour prendre le pouls des Québécois sur différentes questions, en raison des débats qui ont cours sur la prospérité du Québec et sur l'austérité budgétaire, depuis quelques années.

«Je ne suis pas surpris de ce résultat puisque ça fait déjà quelques années que le modèle québécois et la manière dont l'État donne des services à la population, en santé ou en éducation, sont remis en question», a commenté Michel Venne, directeur général de l'Institut du Nouveau monde.

Selon M. Venne, la population ne rejette pas totalement le modèle québécois. Elle souhaite plutôt que les deux dimensions du modèle, le rôle de l'État dans l'économie et les programmes sociaux, soient dépoussiérées.

Par exemple, 61% des répondants ont déclaré que la création de la richesse et de la prospérité sont la responsabilité des individus, alors que seulement 39 % ont affirmé que ces tâches incombent au gouvernement.

«On veut que l'État soit bien géré et on mise sur les entrepreneurs pour créer de la richesse. Mais on veut que le gouvernement continue à réguler l'économie et les activités des grandes entreprises tout en jouant son rôle de redistributeur de richesse par le biais de programmes sociaux», a expliqué le patron de l'Institut du Nouveau Monde.

Dans le sondage, 71 % des répondants ont d'ailleurs indiqué que le gouvernement devrait faire plus pour aider les pauvres. Autant de personnes (73 %) ont affirmé que les pauvres sont victimes de circonstances.

La dette québécoise

Le niveau d'endettement du Québec semble préoccupant pour les répondants. Parmi eux, 62 % ont affirmé que le remboursement de la dette du Québec doit être une priorité pour l'État.

«Le déficit zéro et l'équilibre budgétaire ont un certain appui dans la population même si les coupes dérangent. Les gens n'aiment pas qu'on paie l'épicerie à crédit», a dit Michel Venne, précisant que les contribuables comprennent qu'on doit emprunter pour construire un pont.

Léger a aussi sondé les Québécois sur leur perception des gens qui parviennent à faire fortune au Québec. Près de la moitié des répondants (46 %) croient qu'il s'agit de personnes qui ont travaillé fort et qui méritent leur richesse.

Les données recueillies par Léger font l'objet d'une analyse en profondeur dans l'édition 2015 de L'État du Québec, un ouvrage de l'Institut du Nouveau Monde, disponible en librairie à compter de mardi.

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