Denise Proulx
Agence QMI

Les investissements dans les paradis fiscaux explosent

Les investissements dans les paradis fiscaux explosent

Une plage de la Barbade.Photo Archives / AFP

Denise Proulx

Dernière mise à jour: 14-10-2015 | 17h35

MONTRÉAL - Les investissements directs à l'étranger (IDE) de la part d'entreprises canadiennes ont connu une croissance phénoménale au cours de l'année 2014, selon une analyse des données de Statistique Canada, réalisée par l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC).

Le transfert d'actifs financiers canadiens se fait principalement dans sept pays connus pour être des paradis fiscaux, pour une valeur nette s'élevant à 184,4 milliards $.

«Dans le bilan 2014, on signale que le secteur de la finance avait affiché la croissance la plus importante avec des avoirs en augmentation de 22,7 milliards $ [sur l'année 2013] pour atteindre 313,5 milliards $», a expliqué l'auteur Gilles Bourque.

Pendant 27 ans, les stocks d'actifs dans ces pays ont été multipliés par 37,6 (alors que le PIB canadien était multiplié par 3,3 pendant la même période).

Trois paradis fiscaux en ont le plus profité, soit les Îles Caïmans (15 540 %, avec des actifs de 36,6 millions $ en 2014), la Barbade (14 252 %, 71 milliards $) et le Luxembourg (+9509 %, 31 milliards $).

«On comprend aisément pourquoi les institutions financières canadiennes refusent de participer à la Commission des finances publiques du Québec sur les paradis fiscaux», a commenté M. Bourque.

L'IREC estime que ces actifs ont généré des rendements se situant dans une fourchette allant de 10 % à 15 %, produisant normalement des revenus imposables oscillant entre 18 et 27 milliards $.

«On peut ainsi évaluer que la perte de revenus fiscaux pour le fédéral et les provinces se situerait entre 8 et 15 milliards $ (soit entre 1 et 2 milliards $ pour le Québec)», a ajouté l'analyste de l'IREC.

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