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Le Canada officiellement en récession

Dernière mise à jour: 01-09-2015 | 08h39

MONTRÉAL - La croissance économique sera faible sur l'ensemble de l'année 2015, même si le Canada ne sera vraisemblablement plus en récession au cours des six derniers mois de l'année.

Statistique Canada a confirmé, mardi, que l'économie canadienne avait connu une récession technique au premier semestre.

Le PIB réel annualisé a reculé de 0,5 % au deuxième trimestre et de 0,8 % pendant les trois premiers mois de l'année. L'économie canadienne est principalement secouée par la chute du cours du pétrole, qui affecte les entreprises du secteur énergétique.

«On s'attend à un troisième trimestre et à un quatrième trimestre positifs. Mais pour l'ensemble de l'année, la croissance du PIB devrait atteindre de 1,1 % à 1,3 %, tout au plus», a commenté l'économiste Jean-Pierre Aubry, Fellow associé au Cirano, rappelant qu'on prévoyait une croissance économique d'environ 3 % en début d'année.

Plusieurs économistes soutiennent qu'il n'y a pas lieu de paniquer même si l'économie s'est contractée en début d'année. Lors des dernières récessions, au début des années 1990 et en 2009, l'économie avait chuté beaucoup plus, de plus de 3,5 %.

«Je m'attends à un rebond d'ici la fin de l'année, car l'économie va bien aux États-Unis, notre principal partenaire d'affaires. Et, il ne faut pas conclure trop vite que le ralentissement chinois va plomber l'économie canadienne», a analysé Sébastien Lavoie, économiste en chef adjoint chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Officiellement en récession

Le Canada était en récession technique pendant les six premiers mois de l'année parce qu'une récession correspond à une diminution du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs.

Ça ne signifie cependant pas que tous les secteurs de notre économie étaient en récession depuis le début de 2015. Plusieurs économistes affirment que d'autres indicateurs, comme les données de l'emploi, doivent être pris en compte avec le PIB pour décréter une récession. Surtout quand le ralentissement économique ne frappe pas tous les secteurs et toutes les régions.

Selon les données de Statistique Canada, le PIB des secteurs de l'extraction minière, de l'exploitation en carrière et de l'extraction de pétrole et de gaz a reculé de 4,5 % au dernier trimestre. Les investissements des entreprises ont aussi diminué, de 2,3 %, au cours de la période.

«Ce sont des secteurs et des régions en particulier qui ont été touchés par la récession», a expliqué Benoit Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins. Il a souligné que la récession aura été de courte durée puisque le PIB du mois de juin a grimpé de 0,5 %.

D'ailleurs, pour l'ensemble du deuxième trimestre, le PIB attribuable aux agents et courtiers immobiliers a crû de 9,9 %, celui du commerce de gros de 1,4 % alors que les dépenses de consommation finale des ménages ont augmenté de 0,6 %. Enfin, les exportations de biens et de services ont connu une légère hausse de 0,1 %, après deux trimestres de baisse.


Qu'est-ce que ça change?

MONTRÉAL - Confirmer que le Canada était en récession pendant la première moitié de 2015 peut-il affecter la confiance des consommateurs et des dirigeants d'entreprises? Eux qui peuvent faire croître le PIB en dépensant ou en investissant?

L'économiste Jean-Pierre Aubry croit que la nouvelle peut refroidir certains Canadiens. «Il y a des consommateurs qui vont être plus prudents, qui vont surveiller davantage leurs dépenses après avoir entendu la nouvelle dans les médias», a-t-il commenté.

Chez Desjardins, Benoit Durocher reconnaît que la confirmation d'une récession peut jouer sur la confiance. Mais il soutient que la consommation demeure positive. «Le marché de l'emploi est bon, les taux d'intérêt sont bas. Je ne m'attends pas à une spirale de prudence», a dit l'économiste.

Du côté des entreprises, les économistes fondent beaucoup d'espoir sur la croissance des exportations en direction des États-Unis, en raison de la faiblesse du dollar canadien. Le huard s'échangeait à moins de 76 cents américains mardi après-midi.

«La reprise des exportations des fabricants canadiens, principalement situés en Ontario et au Québec, pourrait pallier le ralentissement dans le secteur de l'énergie», a dit Jean-Pierre Aubry, soulignant que les devises d'autres pays exportateurs se sont aussi affaiblies.

La bonne nouvelle est que les exportations canadiennes ont grimpé légèrement au deuxième trimestre, de 0,1 %, après deux trimestres consécutifs de contraction.

Les exportations avaient glissé de 0,3 % pendant les trois premiers mois de l'année et de 0,4 % au quatrième trimestre 2014.

«Les conditions gagnantes sont là depuis un bout de temps pour les manufacturiers. Mais les entreprises ont été prudentes, car elles ont été échaudées dans le passé. Elles voulaient être persuadées que c'était la bonne reprise avant d'investir», a analysé Benoit Durocher.

-Avec Carl Renaud

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