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Abolition de la consigne: les détaillants reviennent à la charge

Abolition de la consigne: les détaillants reviennent à la charge

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Les quelque 8000 commerces représentés par l'Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA) réclament, une fois de plus, la fin de la consigne des bouteilles en plastique et des canettes.

Dans un communiqué diffusé jeudi matin, les détaillants affirment que la consigne entraîne des problèmes d'espace, de propreté, des coûts de gestion superflus, et refusent net de s'engager dans la consigne des bouteilles de vin.

Cette sortie survient au lendemain de la publication d'un rapport sur l'abandon de la consigne sur les canettes et les bouteilles de plastique, commandé par le gouvernement du Québec à des chercheurs de l'Université Laval appartenant au Centre de recherche en économie de l'environnement, de l'agroalimentaire, des transports et de l'énergie (CREATE).

Le rapport affirme notamment que la collecte sélective demeure plus pertinente, sur le plan économique, pour les contenants à usage unique. Selon CREATE, l'abolition de la consigne sur tous les contenants de boisson représenterait des économies annuelles de 26,8 millions $.

Sur cette conclusion du rapport, l'ADA dit se réjouir «de voir enfin poindre à l'horizon la fin de la consigne de ces contenants à remplissage unique».

Nombre de consommateurs québécois ont d'ailleurs pris l'habitude de déposer des canettes d'aluminium et autres contenants dans leurs bacs à recyclage au lieu de les rapporter chez les détaillants qui doivent se charger de la consigne.

Par ailleurs, selon l'analyse du CREATE, la consigne est la plus avantageuse économiquement pour la récupération des contenants à remplissage multiple et serait une avenue à étudier pour les bouteilles de vin et de spiritueux.

Le regroupement bacs+ a également salué plusieurs recommandations du rapport.

«Traiter des bouteilles de plastique à la main, comme la consigne nous y oblige, est une mauvaise idée puisque le citoyen en met déjà une grande partie dans son bac de recyclage, que les centres de tri sont tout à fait en mesure, comme pour les canettes, de recevoir ces matières, de bien les trier et de s'assurer qu'elles soient transformées pour leur donner une seconde vie», souligne Louise Fecteau, porte-parole de bacs+.

Le regroupement bacs+ rassemble entre autres l'ADA, l'Association des restaurateurs du Québec, l'Association québécoise des dépanneurs en alimentation et des associations d'embouteilleurs de boisson et d'eau.

Pour sa part, le Conseil canadien du commerce de détail a dit constater «avec satisfaction» que le rapport confirme la position qu'il défend depuis plusieurs années. Toutefois, il s'oppose «totalement» à l'imposition d'une consigne pour les bouteilles de vin.

Quant à Pro-Consigne Québec, qui regroupe une centaine de partenaires issus des milieux environnementaux, municipaux, syndicaux et privés, l'aspect économique ne devrait pas constituer le seul critère pour trancher la question.

Pro-Consigne trouve ainsi «essentiel» que l'étude du CREATE parle d'un taux de recyclage de 71 % pour les contenants à remplissage unique d'aluminium qui sont consignés alors qu'il chute à 31 % lorsque ces mêmes contenants ne sont pas consignés.

«Selon le modèle d'analyse économique du CREATE, l'enfouissement est considéré comme étant plus avantageux que la consigne. À ce compte-là, arrêtons tout simplement de récupérer», a commenté Kareyl Ménard, porte-parole du regroupement.

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