Olivier Bourque
Agence QMI

Vers une privatisation partielle d'Hydro-Québec

Vers une privatisation partielle d'Hydro-Québec

Thierry Vandal, president directeur general sortant d'Hydro-Québec. Photo archives / Agence QMI

Olivier Bourque

MONTRÉAL - Le président sortant d'Hydro-Québec Thierry Vandal a donné des munitions aux adeptes d'une privatisation partielle de la société d'État, dans une entrevue accordée au magazine Forces distribué dans le cadre du Forum des Amériques qui s'est amorcé à Montréal lundi.

M. Vandal qui avait décliné toutes les offres d'entrevue bilan, malgré les demandes répétées des chaînes Argent et TVA, mais il s'est toutefois confié à la journaliste Monique Grégoire sur son règne d'une décennie à la tête d'Hydro-Québec.

Questionné sur l'épineuse question de la privatisation d'Hydro-Québec, M. Vandal, qui avait évité toutes controverses lorsqu'il était à la tête de la société d'État, n'a pas donné son opinion personnelle, mais n'a pas fermé la porte à une telle avenue dans le futur en faisant un parallèle avec la situation ontarienne.

«On va suivre ce qui se passe en Ontario, où on a décidé de privatiser partiellement Ontario Hydro (sic)», a-t-il répondu, succinctement, tout en soulignant qu'Hydro-Québec «est un projet collectif».

En Ontario, le gouvernement libéral veut privatiser 60 % d'Hydro One, créé lors du démantèlement d'Ontario Hydro en 1999 par l'ex-premier ministre Mike Harris. Queen's Park veut aller chercher 4 milliards $ notamment pour financer les infrastructures.

Toutefois, le projet est loin d'obtenir l'unanimité. Selon un sondage récent, 61 % des Ontariens sont contre et 77 % des personnes sondées croient que la facture gonflerait avec cette privatisation.

Au Québec, la question demeure hautement controversée. Elle a été évoquée dans certains rapports, notamment celui des économistes Claude Montmarquette et Luc Godbout.

Le premier ministre Philippe Couillard avait rejeté cette idée, mais au printemps, le ministre des Finances Carlos Leitao avait avoué que tous les scénarios étaient sur la table.

«Je trouve cela curieux, car il y a une motion qui a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale et il n'est pas question de privatiser Hydro-Québec», a soutenu le chef péquiste Pierre Karl Péladeau, présent lors de la conférence.

«On l'oublie souvent, mais Hydro permet de financer l'éducation et la santé. C'est une richesse collective.»

Hydro-Québec n'a pas commenté, mais sur Twitter, la société d'État semblait vouloir corriger le tir en interpellant les internautes. «Il s'agit de suivre ce qui se passe en Ontario, non pas de privatiser», nous a-t-on écrit.

Pas de problème avec son salaire et sa retraite

En ce qui concerne son ancien salaire annuel de 483 000 $ et sa retraite dorée, M. Vandal n'y voit pas de problème, même en ces temps d'austérité où le gouvernement Couillard demande aux contribuables de se serrer la ceinture.

«Comparez la rémunération des dirigeants des entreprises ailleurs au Canada et aux États-Unis et vous verrez que le gouvernement et les Québécois en ont pour leur argent avec ce qu'ils versent au président d'Hydro-Québec», a-t-il assuré à la journaliste.

Sur le développement de l'éolien, qui a un impact à la hausse sur la facture des clients selon Hydro-Québec, M. Vandal défend son développement.

«L'éolien au Québec a démarré essentiellement en 2002-2003, à un moment où tout indiquait que les besoins en électricité étaient fortement à la hausse, et les prix aussi. (...) Mais il y a eu une grande restructuration dans l'industrie des pâtes et papiers qui a fait chuter dramatiquement le nombre de papetières entraînant une chute tout aussi spectaculaire de la demande d'électricité», a-t-il expliqué.

Mais selon lui, ce développement qui aide les régions du Québec doit maintenant être revu.

«La question qui se pose aujourd'hui c'est: à quel rythme doit-on poursuivre le développement de l'éolien? En a-t-on fait assez pour que cette industrie se renouvelle simplement en entretenant le parc existant par exemple? Est-elle en mesure de s'autosuffire?», a-t-il demandé.

Un gestionnaire, un militaire

Sur les décisions controversées comme l'éolien ou le financement de l'industrie de l'aluminium, M. Vandal affirme qu'il vient d'une famille de militaires et que certaines décisions appartiennent à «la sphère politique».

Concernant les hausses successives de la facture d'électricité, il maintient que la situation des Québécois «demeure une des plus avantageuses au Canada et aux États-Unis».

Au terme de son règne, M. Vandal considère que sa plus grande fierté demeure «l'amélioration des relations entre nos employés et les communautés autochtones».

«Car sans leur collaboration, il nous est impossible de remplir notre mission première, fournir de l'électricité aux Québécois», a estimé M. Vandal.

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