Carl Renaud
Agence QMI

Alcool: le projet des Rôtisseries St-Hubert contesté

Alcool: le projet des Rôtisseries St-Hubert contesté

St-Hubert voudrait obtenir des permis d'alcool mixte.Photo Agence QMI

Carl Renaud

MONTRÉAL - Les démarches des chaînes St-Hubert et Normandin, qui veulent que les restaurants aient le droit de servir de l'alcool apporté par leurs clients, en plus de vendre du vin et de la bière, ne font pas l'unanimité chez les restaurateurs.

L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) soutient que la majorité des propriétaires de restaurants s'opposent à la proposition lancée l'année dernière par le patron de St-Hubert, Jean-Pierre Léger.

L'homme d'affaires tente de convaincre le gouvernement du Québec d'attribuer un permis d'alcool mixte aux restaurateurs qui le désirent. De cette manière, le permis de vente et le permis de servir seraient regroupés. M. Léger vient de recevoir l'appui de Normandin, une chaîne principalement active dans la région de Québec.

«Ça entraînerait un énorme bouleversement parce que tous les clients finiront par vouloir apporter leur vin», a exprimé François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ. M. Meunier affirme que les restaurateurs ayant investi dans une cave à vin seraient désavantagés par un tel changement.

En 2012-2013, 9 587 permis de vente d'alcool étaient en circulation dans les restaurants du Québec. On dénombrait aussi 1 698 permis de service d'alcool, dans les établissements du type «apportez votre vin».

Le propriétaire de St-Hubert répond que les grands restaurants auraient le droit de ne pas demander le permis mixte. Ils pourraient donc continuer de faire des profits importants sur la vente d'alcool.

Selon l'ARQ, le prix d'une bouteille de vin vendue dans un restaurant est 2,4 fois plus élevé qu'à la SAQ. En plus du profit, le prix des restaurateurs comprend entre autres 30 % de taxes et services.

«Mon premier métier n'est pas de vendre de l'alcool, mais de vendre du poulet. Je suis convaincu que si nos clients pouvaient apporter leur vin, les ventes augmenteraient», a dit Jean-Pierre Léger, rappelant que les Québécois ont peu de dollars discrétionnaires à dépenser.

D'autres façons de sabrer la facture

L'ARQ croit que le gouvernement pourrait assouplir d'autres règles pour permettre aux restaurateurs d'alléger la note de leur client. Par exemple, l'organisation propose d'éliminer les timbres apposés sur les bouteilles de vin et le marquage appliqué sur les bouteilles de bière, vendues dans les restaurants pour les distinguer des produits commercés au détail.

«De cette façon, les restaurateurs pourraient s'approvisionner au détail et profiter de rabais.

Le prix de six bouteilles étaient réduit la fin de semaine dernière à la SAQ. Les restaurateurs ne profitent pas de ces aubaines», a commenté François Meunier.

Jean-Pierre Léger n'adhère pas à ce projet même si sa chaîne est membre de l'ARQ. «Je préfère travailler avec les lois actuelles car c'est plus rapide. À Québec, plusieurs ne veulent pas toucher aux timbres et au marquage», a dit le propriétaire de St-Hubert.

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