Michel Munger
Agence QMI

Le stress coûte des milliards $

Le stress coûte des milliards $

Ceux qui souffraient de stress chronique ont manqué 271 jours de travail en moyenne.Photo Fotolia

Michel Munger

MONTRÉAL - Le stress et l'épuisement professionnel coûtent des milliards $ à la société, à raison de plusieurs milliers de dollars par personne. Voici quelques chiffres sur leurs conséquences néfastes.

Selon le Centre d'études sur le stress humain, le présentéisme (être au travail sans offrir un plein rendement) coûte 36 milliards $ par année au Canada.

L'absentéisme, lui, est une affaire de 8 à 10 milliards $. À lui seul, le surmenage toucherait 20 % des travailleurs au Québec selon Statistique Canada.

Un rapport rédigé par la Commission de la santé et sécurité au travail (CSST) permet d'aller plus loin et de voir ce qui fait le plus mal au portefeuille collectif et ce, même si l'on exclut les coûts des assurances privées.

En 2012, remplacer le salaire d'une personne absente en raison du stress coûtait plus de 13 000 $. Les frais d'assistance médicale et de réadaptation dépassaient les 2900 $ par personne.

Ceux qui souffraient de stress chronique ont manqué 271 jours de travail en moyenne, ce qui gonflait la facture à près de 23 000 $.

Près des deux tiers des travailleurs touchés (64 %) étaient des femmes. Le harcèlement psychologique était à la source du tiers (33 %) des lésions liées au stress.

Au total, le stress a représenté 1,5 % des 67 000 cas acceptés par la CSST.

Des solutions

La gestion du stress n'a rien de sorcier pour un employeur, indique Alain Marchand, chercheur à l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal.

«Un travail monotone et répétitif prédit davantage des problèmes de détresse psychologique chez les personnes qui y sont exposées», a-t-il avancé.

Un mauvais patron nuit aussi à la santé du travailleur. «La supervision abusive, dit-il, amène une élévation de la détresse psychologique expérimentée par les travailleurs qui y sont exposés.»

Les solutions passent par une dose d'autonomie.

«Faire un travail varié et sur lequel l'individu peut exercer un contrôle, dit le chercheur, permet de répondre au besoin essentiel du psychisme humain de maîtriser son environnement.»

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