Jessica Hume
Agence QMI

Salaire des chefs autochtones: un autre chef sur la sellette

Salaire des chefs autochtones: un autre chef sur la sellette

Carolyn Bennett, porte-parole libérale en matière d'affaires autochtones.Photo Agence QMI

Jessica Hume

OTTAWA - Les partis d'opposition à Ottawa se disent en faveur de plus de transparence financière des dirigeants des Premières Nations, dans un contexte où de nouveaux rapports montrent que les chefs autochtones gagnent beaucoup d'argent, tandis que leurs communautés vivent dans des conditions qui laissent à désirer.

La plus récente révélation en ce sens vient d'une communauté des Premières Nations de la Colombie-Britannique. Pour l'année se terminant en mars 2013, le salaire annuel du chef de la nation Shuswap, Paul Sam, dépasse les 202 000 $, un montant non imposable versé par le gouvernement fédéral.

La communauté Shuswap compte 267 membres, dont seulement 87 vivent dans la réserve située à Invermere, près de la frontière avec l'Alberta. Selon les rapports des médias, de nombreux membres du groupe subissent des hivers sans eau ni électricité.

Le salaire de Paul Sam a été rendu public en vertu de la Loi sur la transparence financière des Premières Nations (LTFPN), mise en place par les conservateurs. Les libéraux et le NPD s'y sont toutefois opposés.

Les membres de la nation Shuswap sont mécontents. Beaucoup d'argent semble passer par leur communauté, mais sans jamais les atteindre, dénoncent-ils.

Réactions de l'opposition

La porte-parole du NPD en matière d'affaires autochtones, Jean Crowder, a dit comprendre l'indignation de ces populations. «Le NPD a toujours maintenu que les chefs et les conseillers doivent être responsables des membres de leur groupe», a-t-elle affirmé, lundi.

Mme Crowder a précisé que son parti et elle n'ont pas appuyé la LTFPN parce qu'ils ne sont pas convaincus que les membres de la communauté des Premières Nations ont suffisamment de «compétences financières» pour lire un état financier.

«Il y a un manque de littératie financière pour déchiffrer des états financiers», a-t-elle dit à l'Agence QMI.

De son côté, la porte-parole libérale en matière d'affaires autochtones, Carolyn Bennett, a également dit souhaiter une plus grande transparence financière des collectivités des Premières Nations, mais a déclaré que le manque de consultation sur la législation connexe du gouvernement l'a empêchée de soutenir la LTFPN.

«Les libéraux soutiennent catégoriquement une plus grande transparence et la reddition de comptes avec les Premières Nations, a-t-elle indiqué à l'Agence QMI dans un courriel. Tout le monde, y compris les membres de la bande des Premières Nations, croit en une transparence accrue.»

«Le gouvernement conservateur, cependant, a lamentablement refusé de consulter et de travailler avec ces communautés à créer une législation qui favorise une véritable reddition de comptes», a-t-elle ajouté.

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