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Les accros de la malbouffe

Les fruits et les légumes baignent dans une soupe chimique

Sun Media -Par Holly Lake
05/01/2005 07h19 

Avant d’aboutir dans votre assiette, une molécule de nourriture moyenne aura fait un voyage dont le parcours s’étend sur 2 000 kilomètres.

Ce qui a pour résultat de nous fournir davantage de nourriture «fatiguée» par le transport. Dans notre assiette se trouvent des aliments moins nourrissants qu’avant. Pis encore, certains de ces aliments pourraient même être dommageables pour la santé.

Pendant les 40 dernières années, l’industrie agroalimentaire a connu d’énormes changements. La mondialisation a conduit à une production centralisée, tandis que le nombre d’entreprises de transformation et de distribution a considérablement chuté. Il en résulte que notre nourriture voyage sur de plus grandes distances pour atteindre les marchés locaux.

En lire plus dans notre dossier Les accros de la malbouffe.

Les fruits voyagent
Les fraises de Californie qui arrivent par camion passent entre trois et dix jours entre la cueillette et l’assiette. Une poire africaine, tout comme les poivrons de Hollande, voyagent encore plus longtemps.

«Certains nutriments sont très instables. Plus longtemps dure le transport, plus il y a de risques de perdre ces nutriments», avance Rod

MacRae, consultant en politique alimentaire de Toronto et instructeur de sécurité alimentaire à l’université Ryerson. «Personne ne s’occupe vraiment de cela.»

Un fruit qui doit traverser la moitié du globe pour arriver à son marché est cueilli plus tôt que s’il est vendu frais tout juste à côté. Cela peut aussi compromettre sa valeur nutritionnelle.

MacRae donne en exemple les fichiers de données nutritionnelles colligées par le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, et qui constituent des bases de données historiques concernant le contenu nutritionnel des aliments.

«Dans les trois pays, certains nutriments connaissent un déclin significatif et l’on n’en connaît pas la véritable raison, dit-il. Je soupçonne qu’un des facteurs est la mondialisation.»

Alors, si la nourriture voyage sur de plus longues distances que jamais, qu’est-ce qui la garde fraîche et de belle allure tout au long du parcours?

Que ce soit un fruit, un légume, un aliment transformé ou surgelé, la réponse est la même: ils baignent tous dans une soupe chimique. Tout comme le papier Saran, l’industrie agroalimentaire s’est emballée dans la durée de conservation.

La nourriture doit être capable de prendre la route parce que les résultats financiers de l’industrie dépendent de sa longue et heureuse présence sur les tablettes des magasins. L’apparence est aussi un facteur clef; les aliments doivent donc avoir belle allure tout en se conservant un long moment.

Comment l’industrie fait-elle pour y arriver? C’est qu’elle garde dans sa cuisine collective quelques additifs sous la main.






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