Alors que les géants du web ont immédiatement réagi dans le cadre d'une action concertée en défigurant leur propre site web avec une bannière de censure ou en rendant leur site indisponible pour la journée, le collectif de pirate Anonymous a effectué sa «plus vaste cyberattaque» de son histoire en guise de représailles contre plusieurs sites web d'autorités américaines.
Néanmoins, cette journée de grève numérique a porté ses fruits.
En effet, le Congrès américain était en train de considérer, depuis octobre 2011, l'adoption de deux projets de loi controversés sur la protection des droits d'auteur: le SOPA (présentée devant la Chambre des représentants) et le PIPA (proposée au Sénat). Il fait dorénavant marche arrière et reporte le vote visant à approuver ou non les deux lois.
Une vingtaine de parlementaires avaient initialement approuvé ces textes de loi, mais ont rapidement reculé devant l'ampleur de la grève numérique menée par plusieurs sites web. Les parlementaires sont toujours partisans d'une lutte contre le téléchargement illégal, mais considèrent dorénavant d'autres options pour protéger des milliers emplois aux États-Unis et des revenus estimés à des milliards de dollars qui seraient menacés d'après eux par cet acte illicite.
Qu'impliquent la SOPA et la PIPA?
Ces deux projets de loi visent à protéger les droits d'auteur en luttant contre le téléchargement illégal et l'écoute en continu («streaming») de contenus protégés par la propriété intellectuelle aux États-Unis.
D'après les opposants, ces deux lois auraient notamment brimé la liberté d'expression sur le Net au profit des intérêts économiques de l'industrie du cinéma, de la musique et du divertissement. Ces derniers auraient pu décider si un site est légal ou non, en regard à la loi en vigueur au pays sur la protection des droits d'auteur. Plusieurs sanctions s'appliquant aux sites web coupables étaient au menu, allant d'une simple amende, au blocage du site par les fournisseurs d'accès internet ou ses hébergeurs.
Internet: un nouveau pouvoir?
La situation démontre de belle façon que le web est une arme devenue très puissante, permettant de lutter contre le pouvoir que souhaite s'octroyer l'État et «l'un des plus puissants lobbys des États-Unis», comme le signale l'auteur Tim Wu au quotidien The New York Times.
Afin que vous ne manquiez pas une seule information sur ce sujet susceptible d'avoir d'importantes répercussions au Canada, nous vous avons constitué un dossier rassemblant les articles pertinents publiés sur notre site.
Autres nouvelles
22 février
Le fondateur de Megaupload libéré sous caution
6 février
Le site BTJunkie tire sa révérence volontairement
Post-Megaupload: La TV de rattrapage a de beaux jours devant elle
3 février
Le fondateur de Megaupload reste derrière les barreaux
2 février
Super Bowl: les autorités saisissent des noms de domaine, oubliez le «streaming»!
Le fondateur de Megaupload fera appel
30 janvier
Mégaupload: les données des usagers effacées pour toujours dès jeudi?
25 janvier
Premier revers judiciaire: «Kim Dotcom» restera en prison
23 janvier
Le très bling-bling patron de Megaupload demande sa libération sous caution
20 janvier
La police néo-zélandaise fouille la propriété du fondateur
Sous la pression, Washington fait machine arrière
Anti-SOPA: la coupure de Megaupload.com illustre la mainmise américaine sur internet
Anonymous revendique sa «plus vaste» cyber-attaque
La police néo-zélandaise fouille la propriété du fondateur
19 janvier
Loi antipiratage aux É-U:Wikipédia et Google font écran noir pour protester
Les États-Unis ferment le site Megaupload.com
18 janvier
«Blackout» anti-SOPA: voici la liste complète des sites web participant à l'opération
Anti-SOPA: les grosses pointures d'internet contre-attaquent