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Les accros de la malbouffe

Il y a 100 ans, c’était une tout autre histoire

Sun Media
03/01/2005 04h00 

Au tournant du siècle dernier, la restauration rapide se résumait à un repas cuit en moins d’une heure. La nourriture ainsi consommée était près de son état naturel – sans transformation ni raffinage.

Il existait peu de technologies capables de réduire les étapes de la cuisson et à cette époque, les deux tiers de la population étaient pauvres. Wayne Roberts, un historien des sociétés, précise que même si le café coûtait moins de cinq sous, son arrière-grand-père n’avait pas les moyens de se l’offrir. Les gens mangeaient surtout ce qu’ils cultivaient dans leurs jardins. Les portions de nourriture étaient petites et le niveau d’activité physique était élevé.

Toutefois, dans les années 60, la technologie a évolué et les services, tels que la blanchisserie, sont devenus plus abordables. Tout à coup, une femme pouvait gagner plus d’argent en travaillant à l’extérieur qu’elle pouvait en économiser en demeurant à la maison.

La naissance des aliments transformés
Bien que le premier repas surgelé Swanson soit sorti du four en 1953,c’est dans les années 70 qu’a lieu la véritable naissance des aliments transformés, grâce aux nouvelles technologies qui permettaient de produire les aliments à moindre coût .

Dès lors, les familles pouvaient soit cuisiner un hamburger à la maison pour deux dollars ou soit sortir et aller l’acheter pour une somme inférieure. Avec autant de femmes qui quittaient leurs foyers pour se joindre au marché du travail, le choix de quoi manger devint une question fort simple à résoudre. La présence accrue d’aliments prêt-à-servir a fait en sorte qu’ils sont devenus un élément de base de l’alimentation familiale. De retour en 2004 : le hamburger et l’alimentation rapide sont rois.

Avec de moins en moins de temps à leur disposition, les baby-boomers en particulier s’en ressentent. Connue comme la génération sandwich, c’est la première génération dans l’histoire à subir autant de contraintes de temps.

«Leurs enfants sont souvent rendus à un âge qui exige beaucoup de temps ou est source d’inquiétude, et leurs parents se trouvent dans une situation similaire», explique Roberts.

Selon la Fondation des maladies du cœur, le manque de temps auquel sont confrontées les familles canadiennes apparaît comme l’empêchement majeur à une vie saine et un cœur en santé. Avec les deux parents sur le marché du travail, un double revenu peut parfois signifier passer la moitié moins de temps en famille.

La Fondation a révélé que 53 % d’entre nous croyons que la qualité de vie est dramatiquement compromise par le manque de temps pour la famille et les amis. Pour sortir de cette impasse, les gens trouvent du temps là où ils le peuvent : soit en rognant sur le sommeil et sur les repas. C’est tout un contraste avec certains pays européens où les déjeuners de deux heures sont toujours la norme.

L’alimentation peut maintenant vous tuer
Tout comme notre alimentation a changé, ce qui nous tue a changé aussi.

Au début du siècle dernier, les maladies contagieuses étaient les grandes faucheuses, mais les gens étaient relativement à l’abri des maladies chroniques. Nous avons réussi à contenir les grands tueurs d’hier, comme la tuberculose et la fièvre typhoïde, mais nous avons créé par notre alimentation une toute nouvelle panoplie de problèmes : le diabète, le cancer et les maladies cardiaques.

«Nous avons augmenté de plusieurs années notre espérance de vie, mais nous ne sommes pas pour autant passés d’une mauvaise santé à une bonne santé, rajoute Roberts. Nous avons échangé une série de problèmes contre une autre.»

Diamantini s’inquiète et se demande vers quelle sorte de santé son alimentation pourrait la conduire, mais elle se sent bombardée.

«C’est une lutte constante», dit-elle à propos de son poids. «Si vous êtes habitué à l’alcool, vous pouvez toujours l’éviter. L’alcool n’est pas toujours sous vos yeux, mais la nourriture, elle, l’est.»


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