Jean-Paul Sarault
Agence QMI

Guy Lapointe a déjà «graissé» Pierre Trudeau

Les 100 ans du Canadien de Montréal - Guy Lapointe a déjà «graissé» Pierre Trudeau

Guy Lapointe (gauche) et Dave Williams des Canucks de Vancouver.© LA PRESSE CANADIENNE / Chuck Stoody

Jean-Paul Sarault

Guy Lapointe a toujours été reconnu comme un joueur de tours émérite. L'ancien défenseur du Canadien en aurait joué 1999 et demi en 16 saisons dans la Ligue nationale avec le Canadien, St.Louis et les Bruins de Boston. Mais c'est sûr et certain, comme on dit, qu'il a déjà fait le demi-tour qui manquait pour atteindre l'impressionnant total de 2000. Quel fut son coup pendable le plus spectaculaire? Ou encore, celui qu'il a toujours regretté?

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«Regretté? Aucun. Le plus fumant? À ce compte-là, il y en a eu plusieurs. Mais il y en un en particulier dont j'ai toujours été très fier, à cause, naturellement, du personnage. Un jour, la direction du Canadien avait invité le premier ministre Pierre Trudeau à un match au Forum et lui avait suggéré de rencontrer les joueurs dans le vestiaire après la partie. Trudeau avait accepté ce privilège, mais il ne savait pas ce qui l'attendait. Il devait serrer la main de tout le monde. J'en avais alors profité pour m'induire la main droite de vaseline et quand mon tour est arrivé de lui serrer la pince, je l'avais «graissé» au boutte. L'un des préposés à l'équipement s'était empressé de lui porter secours avec une serviette, mais le premier ministre l'avait pris en riant... jaune», raconte Pointu avec une certaine fierté.

Guy Lapointe a toujours reflété la joie de vivre. Même dans des situations difficiles. Il a été très amer quand il a été échangé aux Blues de St.Louis par le Canadien en 1982, mais a réagi avec une indifférence déconcertante quand la direction du Canadien a décidé de retirer les chandails des deux autres membres du Big Three en le laissant de coté.

«C'est une injustice flagrante, car Guy a été meilleur que les deux autres, Serge Savard et Larry Robinson. Ses saisons totalisant 28 buts en 1974-75, 21 buts en 75-76 et 25 buts en 76-77 constituent un record pour un défenseur dans l'histoire du Canadien. Il était très efficace défensivement, mais n'avait pas son égal pour relancer l’attaque. C'est dommage qu'on lui ait joué un aussi vilain tour (!)», avait commenté son ancien coach, Scotty Bowman, en apprenant la nouvelle.

«Je n'en voudrai jamais aux responsables du retrait des chandails pour leur décision. Sincèrement, j'ai pris ça avec un grain de sel. J'ai eu du bon temps en 48 ans dans le hockey, depuis mes débuts au Centre des loisirs de l'Immaculée Conception à Montréal et j'en ai encore aujourd'hui comme recruteur pour le Wild du Minnesota. La vie est belle et je suis heureux. C'est le principal», confiait Lapointe, 60 ans, lors d'une récente visite à Montréal où il avait été intronisé au Panthéon des sports du Québec.

Dans la police...

N'eut été de son père Gérard, qui a insisté pour qu'il à répondre à l'invitation du Canadien de se rapporter à leur camp d'entraînement à l'automne de 1968, il serait devenu policier, comme ses frères André et Pierre.

«À l'époque, le repêchage de la Ligue nationale n'existait pas et les jeunes espoirs qui jouaient un peu partout dans les parcs et les centres de loisirs pour s'amuser étaient recommandés par des bénévoles aux équipes professionnelles, dont le Canadien. Quand on m’a avisé de me rapporter au camp d'entraînement du Tricolore, je complétais ma formation d'agent policier à l'aréna Maurice-Richard. J'ai tout simplement changé de camp d'entraînement. Je me compte chanceux, car jamais je n'avais rêvé de jouer dans la Ligue nationale. Encore moins avec le Canadien », avoue Guy Lapointe.

Si ses conquêtes de la Coupe Stanley avec le Canadien et son élection au Temple de la renommée du hockey à Toronto représentent des souvenirs inoubliables pour lui, c'est quand même la série du siècle en 1972 qui l'a le plus marqué. « J'ai été invité à faire partie de l'équipe canadienne pour remplacer Bobby Orr qui était blessé. Invité à remplacer Bobby Orr? Je ne le croyais pas. J'ai vécu une expérience qui ne s'achète à aucun prix en participant à cette série. Une expérience inouïe. Je peux vous assurer que cette série n'aurait pas duré jusqu’à la limite si Bobby Orr avait pu y participer. Les Russes n'auraient vu que du feu. J'ai joué contre Bobby Orr et avec lui dans la Ligue nationale. C'est le meilleur joueur de toute l'histoire de la Ligue nationale. Croyez-moi, je sais ce que je dis », affirme Pointu.

Se pourrait-il que la direction se ravise et décide un jour de lever le chandail de Guy Lapointe au plafond du Centre Bell aux côtés de ses deux coéquipiers Savard et Robinson? Cessons de rêver en couleurs. L'aventure des retraits des chandails du Canadien s'est terminée avec celui du 33, Patrick Roy. C'est la fin des émissions dans ce domaine à Montréal. Finies les critiques, les chicanes et les controverses.



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