Les adieux de Pierre Nadeau à son meilleur ami

MONTRÉAL - Trop ému pour commenter de vive voix la disparition de son meilleur ami, le journaliste Pierre Nadeau a transmis dimanche aux médias une belle lettre d'adieu à Richard Garneau.

Il y raconte que les deux hommes se sont rencontrés il y a près de 60 ans à Radio-Canada, où ils ont fait leurs gammes en tant qu'annonceurs, ajoutant que Richard Garneau avait «tout ce que le métier requérait : la voix, la diction impeccable, la capacité d'improviser, et un intérêt réel pour le théâtre et la musique».

Avant de devenir deux vedettes de la télévision au Québec, respectivement dans le monde de l'information et celui du sport, Pierre Nadeau et Richard Garneau se sont liés d'une profonde amitié et ont animé ensemble, à leurs débuts, une émission quotidienne sur le jazz, et même une émission d'été sur la chanson française, se souvient le journaliste. Puis, ils se sont séparés, professionnellement seulement.

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« La caméra de télévision aimait bien ce beau grand gars qui donnait les nouvelles du sport, le soir après le Téléjournal», écrit Pierre Nadeau, ajoutant que son ami avait vécu tous les changements du monde du sport au fil des cinq dernières décennies, et d'une manière générale, l'évolution de l'amateurisme vers le professionnalisme, rongé par «l'argent et la dope».

Il assure aussi que Richard Garneau ne s'est pourtant jamais laissé aller au cynisme face à l'évolution des univers sportifs médiatisés.

«Richard a vécu et décrit tous ces changements à sa manière, la manière Garneau. Toujours élégant, toujours précis, et surtout enthousiaste et passionné, des qualités qui ne lui ont jamais fait défaut. À un âge où ses anciens collègues profitaient de retraites bien méritées, il était toujours partant pour un 100 mètres, il aurait pu sauter encore sur la patinoire avec enthousiasme, comme une recrue qui veut faire le grand club tout de suite.»

Pierre Nadeau avait du mal, dimanche, à imaginer la vie sans son grand ami.

«Il a fait le grand saut à la perche et il est disparu quelque part dans le ciel, entre deux nuages nimbés de lumière, écrit-il enfin. Bon vol, Richard, mon ami. Tu vas me manquer énormément.»


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