Actuellement en Chine en vue d'une compétition prévue ce week-end, l'escrimeuse Sandra Sassine poursuit sa route devant la mener aux Jeux olympiques de Londres, au cours desquels elle désire bien conclure sa carrière.
À l'origine, Sassine avait plutôt prévu se retirer au terme des Jeux de Pékin, où l'aventure a été intense, mais un peu courte au goût de la sabreuse.
«Il y a eu une multitude d'émotions pendant la compétition à Pékin et quand ce fut terminé, en perdant en deuxième ronde contre la double championne olympique Mariel Zagunis, j'ai eu envie d'y retourner», indique Sassine, les yeux brillants.
Motivée encore davantage par l'embauche de l'entraîneur russe Dimitri Ronzhin par la Fédération canadienne en vue des Jeux de Londres de même qu'un apport financier insoupçonné, Sassine s'est accrochée à son rêve. Une commotion cérébrale subie plus tôt en 2011 a failli contrecarrer ses plans, mais elle s'est finalement remise à 100% de cette blessure.
«Cette fois, à Londres, ce sera vraiment la fin. Sinon, mon copain va me laisser», lance Sassine, en riant.
Aujourd'hui âgée de 32 ans, l'athlète originaire de Chibougamau a confiance que tout peut arriver à Londres.
«Avec la bonne préparation que j'ai eue, tout est possible, dit celle qui est présentement classée au 27e rang mondial. Les matchs de 15 touches se déroulent très rapidement aux Jeux olympiques et on ne sait pas ce qui peut arriver. Je dois simplement faire preuve de constance. Puisqu'il s'agit de mes deuxièmes Jeux, c'est certain que mon approche est différente. Je sais plus à quoi m'attendre même s'il y a toujours des choses qu'on ne peut pas contrôler.»
La fille à papa
Avec ce dernier tour de piste à Londres, Sassine mettra un terme à une carrière de plus de 25 ans, elle qui avait été initiée au sport dès l'âge de 6 ans par son célèbre père Henri, dont la réputation n'est plus à faire dans le domaine de l'escrime.
«Mon père est un petit Égyptien qui est déménagé au Canada il y a plus de 45 ans, raconte Sassine, avec fierté. Il avait eu une offre pour être professeur d'éducation physique à Chibougamau. Il a eu une carrière vraiment incroyable avec ses athlètes. En 1996, aux Jeux d'Atlanta, l'équipe canadienne entière au sabre masculin provenait de Chibougamau soit Jean-Marie et Jean-Paul Banos, Evens Gravel et Tony Plourde. C'est un exploit assez phénoménal pour une petite ville de 8000 habitants.»
Avec raison, Sassine ne tarit pas d'éloges envers son père, qui, à 71 ans, continue d'enseigner son art dans la région de Montréal. Au fil des ans, elle est devenue la huitième athlète sous sa gouverne à atteindre les Jeux olympiques.
«C'est un modèle, c'est un bâtisseur, dit-elle. Tout ce qu'il touche prend une grandeur exceptionnelle.»
À l'entendre parler, c'est à croire que c'est Henri Sassine, dit le «petit Égyptien», qui a construit les pyramides.