FRIBOURG -- David Aebischer est un garçon tranquille qui s'est tellement donné au hockey qu'on s'inquiète à Fribourg : peut-être n'a-t-il pas fait sa vie de jeunesse ?
«David n'a jamais nocé, jamais vraiment pris de cuite», confirme sa soeur Stéphanie.
Lorsqu'on sait combien les Fribourgeois sont friands de la Cardinal, leur bière locale, la réserve d'Aebischer surprend.
«Il ne se l'est jamais permis, souligne sa mère Dorly. C'est simple, il disait qu'en faisant la fête, il s'éloignait de son rêve.»
Cela inquiète un peu Sylvia Zurkinden, la tenancière de la buvette (le bar) de la Patinoire Saint-Léonard, domicile du Fribourg-Gottéron.
«David n'a pas fait sa vie de jeunesse, affirme-t-elle. Au moins, jusqu'à maintenant, ça ne semble pas lui avoir manqué mais, moi, ça me chicote...»
Vivre sa passion jusqu'au bout
Hubert Audriaz, premier entraîneur d'Aebischer, réplique immédiatement.
«Mais qu'est-ce que c'est cette histoire de vie de jeunesse ? lance-t-il. Faire sa vie de jeunesse, ce n'est pas traîner dans les cafés, à moitié bourré ! C'est vivre sa passion jusqu'au bout, et peu de jeunes l'ont fait aussi intensément que David.»
Huet : un peu moins tranquille...
C'est peut-être parce qu'il n'a pas considéré la LNH jusqu'à ce qu'il ait 23 ans, mais Cristobal Huet, lui, s'est un peu moins retenu.
«Jusqu'à l'âge de 20 ans, Cris n'était pas le plus sérieux du monde, explique son père Dominique. Il était plus tranquille que bien des jeunes, il n'a jamais rien fait de grave, mais il n'était pas obsédé par l'entraînement. Il faut se rappeler que, pour Cristobal, le hockey était avant tout une affaire de potes, de bande, et qu'en France, son talent semblait suffire pour qu'il puisse s'illustrer.»
Christopher Le Pers, un excellent ami de Huet, se souvient de quelques frasques.
«Bien sûr, on était des athlètes, donc ce n'était pas la cuite tous les soirs, mais on a quand même nocé un peu, admet Le Pers. Je me rappelle, par exemple, une randonnée en patins à roues alignées, à deux heures du matin, dans le centre-ville, où on a probablement réveillé quelques-uns de nos concitoyens...»