Les longs skis à spatules carrées et les justaucorps des sauteurs à ski n’ont pas grand-chose à voir avec les planches à neige à tête de mort et les
pantalons aux genoux des planchistes. Pourtant, le saut à ski est sans contredit le grand-père de tous les sports extrêmes.
Inventé dans les années 1860 par des Norvégiens en manque de sensations fortes, le saut à ski sur tremplin fait partie des sports olympiques depuis les premiers Jeux d’hiver à Chamonix en 1924.
Jusqu’en 1964, seulement l’événement sur le petit tremplin (qui avait alors 70 m plutôt que les 90 m actuels) était présent aux Olympiques. Maintenant, des compétitions individuelles et d’équipe se déroulent également sur un tremplin de 120 m.
En V pour voler
Grâce à leurs énormes skis à spatules carrées et bords droits (pas question de skis paraboliques ici), les sauteurs peuvent utiliser la technique des skis en V pour littéralement voler.
Celle-ci a été mise au point par le sauteur Jan Boklov à la fin des années 1980. En gardant ses skis le plus parallèles possible par rapport à son corps, mais en forme de V, le skieur devient une espèce de cerf-volant et peut ainsi flotter dans l’air ambiant pendant plusieurs secondes. Le V volant, comme on l’appelle, a ajouté environ 10% aux distances parcourues par les
sauteurs comparativement à la technique précédente des skis parallèles.
Dans les autres sports extrêmes, plus un athlète est actif entre ciel et terre, plus il obtient de hautes notes ; pas en saut à ski. Ici, la forme prime sur tout. Le sauteur qui sera le plus statique en maintenant le plus parfaitement possible la forme d’aile
volante précédemment décrite obtiendra le plus de points pour son vol.
Voler, atterrir, glisser
Par contre, le boulot du sauteur ne se
limite pas à voler. Comme le dit si bien
Mathieu Kassovitz dans son film La Haine, «ce qui compte, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage». Même chose en saut à ski. Un vol parfait ne réussira jamais à aller chercher des médailles s’il n’est pas
accompagné d’un atterrissage de style
télémark avec les jambes en ciseaux.
La «douceur» avec laquelle le sauteur touche le sol est primordiale, tout comme son aplomb lorsqu’il se retrouve sur le
plancher des vaches. Il reçoit aussi des points pour sa glisse après son atterrissage. Un maximum de 20 points est attribué
pour le style. La note de trois juges (donc un total de 60 points) compte dans le résultat
final.
Ensuite, des points sont ajoutés ou
soustraits selon la distance que parcourt le sauteur. Sur le petit tremplin (K-90), le
sauteur doit parcourir 90 mètres pour garder tous ses points techniques. Chaque mètre de plus lui donne deux points, chaque mètre de moins lui en enlève deux.
La règle est la même sur le grand
tremplin (K-120) sauf que, vous l’aviez
deviné, la marque à battre est 120 mètres. De plus, le coefficient de correction pour enlever ou ajouter des points grâce à la
distance est plutôt de 1,8.
En plus d’être une discipline en elle-
même, le saut à ski est également jumelé au ski de fond dans le combiné nordique.
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