Martin Lapointe, père à temps plein

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Marc de Foy

Martin Lapointe s’imprègne de valeurs familiales en ces temps de guerre froide dans la Ligue nationale de hockey. Comme le dit le message télé, il pratique le plus beau métier du monde: père de famille.

Le vétéran ailier droit des Bruins de Boston partage avec sa femme, Tania, son rôle de parent auprès de leurs trois enfants: Guyot (8 ans), Philippe (4 ans) et Chloé (2 ans et demi).

Le couple a choisi aussi, pour l’éducation de ses rejetons, de demeurer à sa résidence secondaire de Saint-Hippolyte, dans les Basses-Laurentides, au lieu de retourner à sa propriété en banlieue de Boston.

L’aîné vit une nouvelle expérience en allant à l’école française. Son jeune frère et sa petite sœur vont, pour leur part, à la garderie pour le même motif.

«En tant que francophones, c’est un héritage que nous devons donner à nos enfants, explique Lapointe. Nous voulons qu’ils parlent leur langue maternelle et puissent notamment communiquer avec leurs grands-parents dans celle-ci. Ça ne coûte pas cher et c’est tout à fait normal.»

Piège à éviter
En temps normal, quand la famille est à Boston, les parents échangent avec leurs enfants dans les deux langues.

«Ce n’est pas évident pour notre garçon de huit ans de parler français quand tout se passe en anglais autour de lui, admet Lapointe. Il comprend mieux quand on lui parle anglais, mais il y a un danger. Vient un moment où les enfants ne veulent plus parler français et c’est une chose que nous tenons absolument à éviter.»

En se retrouvant en milieu francophone, le jeune Guyot doit se faire une raison et la décision de ses parents commence à porter fruit.

«En revenant de l’école, l’autre jour, il nous a dit qu’il avait tout saisi cette journée-là, à part une phrase», relate Lapointe.

Le petit Philippe se débrouille.

«Il commence à faire des phrases complètes», indique le paternel.

Quant à la petite dernière, elle assimile aussi vite qu’une enfant peut le faire à son âge. Ça vient naturellement.

«Elle s’exprime dans les deux langues», dit fièrement Lapointe.

Une sainte!
Le joueur de 31 ans constate que le rôle de père à temps plein n’est pas le même qu’à temps partiel.

«Le rythme est différent, mais ça me plaît, continue-t-il. J’aurai peut-être une autre opinion dans six mois. Ça va peut-être me paraître difficile.

«Je ne suis pas certain, non plus, que ma femme sera encore capable de m’endurer en janvier!», ajoute-t-il à la blague.

L’expérience lui permet de réaliser plein de choses, d’abord au sujet de sa femme.

«C’est une sainte! lance-t-il. Être mère de famille, c’est plus qu’un métier à temps plein comme on entend souvent. C’est une vocation.»

Vie rêvée
Lapointe s’aperçoit aussi qu’il est privilégié dans la vie.

«Je réalise ma chance, reprend-il. Non seulement je gagne bien ma vie, mais je n’ai pas à travailler de neuf à cinq tous les jours.»

Par ailleurs, Lapointe profite de sa retraite forcée pour examiner ce qu’il aimerait faire après sa carrière, comme le suggère l’Association des joueurs à ses membres en cette période de conflit.

Passionné de conditionnement physique, il vient de compléter un premier cours de formation d’entraîneur à Phoenix, avec le concours de son bon copain Charles Poliquin, qui gagne sa vie dans ce domaine aux États-Unis.

Lapointe a passé l’examen avec succès, ce qui lui a permis d’obtenir un premier diplôme (niveau un).


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