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Le GP a failli déménager à Plattsburgh!

Martin Leclerc - Journal de Montréal
19/11/2003 06h28 

Au début de septembre, alors qu’il était presque acquis que le Grand Prix du Canada était voué à disparaître, Normand Legault a reçu une alléchante proposition d’investisseurs américains qui souhaitaient présenter l’épreuve à Plattsburgh ! C’est finalement Bernie Ecclestone qui a mis fin aux discussions.

Au cours des trois derniers mois, Normand Legault a reçu un grand nombre de propositions d’affaires visant à sauver son Grand Prix. Mais aucune d’elles n’a autant piqué sa curiosité qu’une approche faite par des hommes d’affaires de Plattsburgh, qui prétendaient avoir carte blanche des autorités politiques locales pour attirer le Grand Prix chez eux.

« Initialement, je pensais qu’il s’agissait de rigolos, mais comme leur intermédiaire était un grand cabinet d’avocats de Montréal, je suis allé voir sur place de quoi il en retournait » raconte Legault.

Il s’est révélé que les rigolos étaient sérieux et qu’ils auraient pu permettre à la FOM de présenter un Grand Prix commandité par les grands fabricants de cigarettes à seulement 45 minutes de Montréal !

En plus, il s’agissait d’un site alléchant qui était aussi facile d’accès depuis Boston et New York. On pouvait aussi y accéder par train et par avion.

Boom économique

Sans compter que la région est en plein essor d’un point de vue économique.

On retrouve à Plattsburgh un organisme qui se nomme PARC (Plattsburgh Airbase Redevelopment Corp.) dont la vocation est de transformer une ancienne base de l’aviation américaine en un méga-centre de haute technologie.

Depuis la création de PARC, des compagnies aussi prestigieuses que Bombardier et Pratt & Whitney, des fabricants de composite, des compagnies pharmaceutiques et des spécialistes des télécommunications se sont installées à Plattsburgh, qui est maintenant la troisième petite ville la plus accueillante des États-Unis pour les investisseurs.

Ecclestone décline

« Je suis allé voir le site, et tout était à faire, se souvient Legault. Les gens de Plattsburgh voulaient transformer l’aéroport en circuit de F-1, mais il y avait loin de la coupe aux lèvres.

« Avant d’aller plus loin en ce sens, j’ai demandé à Bernie Ecclestone s’il était d’accord avec la possibilité de présenter le Grand Prix du Canada aux États-Unis (il est souvent arrivé, en F-1, que des pays accueillent des épreuves identifiées à un pays voisin). »

Or, Ecclestone a refusé d’explorer cette avenue et le projet est mort au feuilleton.

« Je me suis rendu sur place parce que je me devais d’analyser toutes les possibilités, explique Legault. J’ai fait la même chose avec tous les projets qui m’ont été présentés. »

On n’ose pas imaginer toute la pression qui se serait abattue sur les gouvernements fédéral et québécois si le projet de Plattsburgh avait été poussé juste un peu plus loin…



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