L’obtention du trophée Cy Young par Éric Gagné a rejailli sur Mascouche hier, mais contrairement au froid crachin qui tombait à l’extérieur, les qualificatifs qui pleuvaient étaient beaux et doux à l’oreille.
Parmi tous les habitants de la ville, ses amis d’enfance Jean-François Monette et Martin Laflamme étaient certainement les plus fiers. Ils resplendissaient de bonheur.
Monette ne tarissait d’ailleurs pas d’éloges sur l’exploit que son ami venait d’accomplir.
« C’est déjà difficile pour un Québécois de percer dans les ligues majeures, alors le fait qu’Éric remporte le Cy Young, c’est comme si un Mexicain décrochait le trophée Hart de la Ligue nationale de hockey », a lancé le jeune homme de 26 ans.
Ce dernier devra maintenant honorer le pari qu’il a fait avec le releveur des Dodgers.
« J’ai gagé avec Éric que je me ferais raser la tête s’il gagnait et je devrai donc tenir ma parole, a lancé Monette. On ignore quand on fera un party, mais c’est certain qu’il y en aura un. »
Si Monette était en verve, Laflamme, plus réservé, n’extériorisait pas sa joie, même si on le sentait profondément fier de son grand chum.
« C’était assez prévisible, mais on est bien content pour lui », a dit Laflamme, qui tout comme Monette, a joué tout son baseball mineur en compagnie du nouveau héros québécois.
Autre belle journée à venir
Quant à la femme de Gagné, Valérie Hervieux, elle a admis avoir un peu de peine de ne pas se trouver aux côtés de son conjoint.
« Pendant toute la saison, Éric était content, mais il ne le démontrait pas », a-t-elle souligné.
« Quand il a appris la nouvelle qu’il remportait le Cy Young, j’aurais tellement aimé être avec lui pour voir son sourire », a-t-elle lancé, les yeux remplis d’émotion.
Celle qui a vécu de très près les beaux moments de la carrière de son homme, et qui l’a appuyé dans ses moments difficiles, a cependant confié qu’il ne perdait rien pour attendre.
« J’ai manqué le plus beau jour de sa carrière, mais je vais lui procurer la plus belle journée de sa vie à la fin de janvier quand j’accoucherai de notre fils Maddox », a-t-elle indiqué avec un beau sourire que seule une femme enceinte peut afficher.
Parents émotifs
Ses parents étaient très contents pour leur fils, il va sans dire.
« Maman, je l’ai ! », a lancé Gagné à sa mère Carole Roux quand il l’a jointe au téléphone.
« Je me suis aussitôt mise à pleurer, a-t-elle admis. J’étais tellement contente. Je savais qu’il le gagnerait, mais tant que ce n’était pas officiel… »
La fierté transpirait dans sa voix.
« Merci, mon Dieu, c’est tellement merveilleux, a-t-elle ajouté. Mon petit gars a travaillé fort, il est parti de la maison à 17 ans et il s’en est bien sorti n’est-ce pas ? »
« C’est ce qu’il voulait et il l’a eu », a-t-elle conclu.
Quant à son père, Richard Gagné, plusieurs souvenirs lui ont traversé l’esprit quand il a appris l’excellente nouvelle.
« Des larmes de joie me sont venues aux yeux,
a-t-il indiqué. C’est le trophée le plus prestigieux. Je suis tellement fier. »
Journée émotive pour les proches de Gagné, mais ils devront peut-être s’habituer, car le releveur des Dodgers n’en est qu’au début de sa carrière.