Qui aurait cru cela possible il y a cinq, quinze et même cinquante ans ? La conquête du trophée Cy Young par un releveur québécois s’inscrivait certainement parmi les exploits les plus improbables.
« C’est vraiment gros, a lancé Claude Raymond, le premier Québécois à endosser les couleurs des Expos. À quoi pourrais-je comparer cela ? C’est un peu comme si un évêque québécois devenait pape ! »
Pour le moment, Éric Gagné est le pape des releveurs du baseball majeur.
« C’est encore plus fort que n’importe quel autre trophée au hockey, a continué Raymond, visiblement émerveillé. On parle d’un surhomme, d’une machine. »
« Un releveur n’est pas toujours à son mieux, a-t-il enchaîné. Il doit composer avec les arrivées tardives de son équipe dans différentes villes et, bien souvent, avec des températures peu commodes. Malgré tout, Gagné n’a pas commis un seul sabotage en 55 tentatives. »
« Par ailleurs, il a rarement eu des sauvetages faciles, a-t-il noté. Les Dodgers, faut-il le souligner, sont l’équipe qui a marqué le moins de points, cette année, dans la Ligue nationale. C’est dire qu’Éric a souvent protégé des avances d’un point. »
« Sans lui, les Dodgers auraient terminé dans la cave de classement… », a-t-il conclu.
Et, avec lui, les Expos auraient probablement gagné la course au meilleur deuxième !