Pour les Montréalais, il est difficile de jauger l’immense taux de popularité dont jouit Éric Gagné auprès des amateurs de Los Angeles. Le Québécois est vraiment devenu big, comme disent les Américains. Arpenter les rues de la ville à ses côtés se révèle une expérience fascinante.
Hier soir, Gagné a reçu un accueil extrêmement chaleureux avant le match des Kings de Los Angeles, où il avait été invité à faire la mise en jeu protocolaire.
Visiblement, les gens de Los Angeles apprécient le style et la personnalité de celui qui est devenu, et de loin, la plus grande vedette sportive en ville.
Dans les restaurants, les bars et les endroits publics, tout le monde remarque ou signale sa présence.
D’ailleurs, son agent Scott Boras ne s’en cache pas, il mise sur cette incroyable cote d’affection pour faire signer un lucratif contrat à son client au cours de l’hiver.
C’est une déclaration de Boras qui défrayait la manchette du Los Angeles Times hier matin. Le puissant négociateur y affirmait que les Dodgers avaient mal traité son client en lui imposant un salaire de 550 000 $ cette année alors qu’il était le joueur le plus talentueux de la concession.
« Ses performances démontrent que nous sommes en présence d’un talent unique, soulignait-il. L’organisation devra considérer Éric de cette façon quand nous commencerons à négocier. »
Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les Dodgers, car Boras compte dans son écurie la plupart des hauts salariés du baseball, dont Kevin Brown, le premier joueur à avoir signé un contrat de plus de 100 millions de dollars, et Alex Rodriguez, le premier à avoir soutiré un contrat de plus de… 200 millions.
Il évite la controverse…
Les débats de ce genre ont le don d’irriter les amateurs, mais Gagné s’en est tiré comme un prince hier, lors d’une conférence téléphonique à laquelle participaient les principaux chroniqueurs de baseball d’Amérique.
« Ce qui s’est passé l’an dernier est oublié, a fait valoir Gagné. Les Dodgers ont pris une décision d’affaires qui respectait les règles du baseball et j’ai beaucoup de respect pour les règles du baseball. »
« Toutefois, les règles sont maintenant en ma faveur, a-t-il ajouté. J’espère juste qu’on me donnera ce que je mérite. »
Il n’y a donc pas eu de controverse. Au contraire, tous les amateurs qui viennent serrer la main de Gagné lui répètent qu’il mérite ce qui lui arrive.
…et vole la vedette aux Lakers !
Mercredi soir, au Staples Center, le releveur des Dodgers a presque volé la vedette aux joueurs des Lakers, qui disputaient un match
terne aux Raptors de Toronto.
Assis aux abords du court (son agent nous avait déniché des billets à 1 900 $ US l’unité, tout près de Jack Nicholson), Gagné n’a pas mis de temps à attirer les
regards.
Dans son sillage, on entendait toujours les mêmes chuchotements : « Hé, c’est Gagné ! » Et le plus naturellement du monde, les gens s’approchaient pour lui serrer la main, réclamer un autographe ou le féliciter.
Quand il est apparu à l’écran géant, des murmures se sont fait entendre aux quatre coins de l’amphithéâtre.
Dès qu’il y avait un temps mort, les photographes détournaient leurs appareils en sa direction.
Interviewé en direct au réseau, puis par de nombreux journalistes qui ont fait la queue durant tout le match, Gagné n’a probablement pas vu plus de dix minutes de basket-ball au cours de la soirée. Il a toutefois découvert que, dans sa ville d’adoption, il est désormais plus qu’un athlète qu’on adule durant la saison de baseball.