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Grand Prix d'Indianapolis

La F-1asco d'Indianapolis!

Dominic Fugère - Journal de Montréal
20/06/2005 09h22 - Mise à jour 20/06/2005 10h44

L’incapacité du fabricant Michelin à fournir des pneus assez sécuritaires pour le Grand Prix d’Indianapolis a donné la première victoire de la saison à Michael Schumacher, mais cette erreur a probablement sonné le glas de la F-1 en terre américaine.

Après les accidents de Ralf Schumacher et de Ricardo Zonta vendredi en essais libres, Michelin a tenté en vain de trouver ce qui empêchait ses pneus de tenir le coup.

Une seule solution possible: refuser aux voitures qu’elle équipe de rouler à moins qu’une chicane ne soit installée pour ralentir la cadence dans la ligne droite.

Pas question, ont rétorqué la FIA et Ferrari, qui roule en pneus Bridgestone. Les règles seront appliquées sans compromis.

«Si un des virages avait été changé à Bahreïn, mes pneus auraient tenu le coup et je serais monté sur le podium», a rappelé Rubens Barrichello.

Résultat: les 14 voitures équipées de Michelin ont fait le tour de formation et sont rentrés aux puits. Les Ferrari, les Jordan et les Minardi ont ainsi été les seules à prendre le départ. Soixante-douze tours plus tard, elles finiront dans cet ordre et marqueront toutes des points.

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  • «J’aurais préféré remporter ma course dans des circonstances normales, a dit Michael Schumacher, mais j’ai remporté 84 courses dans ma carrière, donc je peux me permettre d’en avoir une un peu bizarre.»

    Hués sur le podium
    Les deux pilotes Ferrari ont été hués sur le podium. Ils ne se sont pas aspergés de champagne comme le veut la tradition, et Tony George, propriétaire du Speedway, ne leur a pas serré la main en leur remettant leurs trophées.

    Tiago Monteiro a obtenu un podium inespéré pour Jordan. «En tant que recrue et avec une voiture pas vraiment compétitive, je n’aurais jamais pensé me retrouver en troisième place cette année», a dit Monteiro, seul a célébrer.

    La course à six était tellement sans intérêt que TF1 (le diffuseur en France) a choisi de présenter un film plutôt que cette mascarade.

    Le détenteur des droits commerciaux de la F-1, Bernie Ecclestone, a tenté jusqu’au départ de trouver une solution.

    Quand Ferrari a refusé d’accepter une chicane malgré la garantie de marquer les 18 points des deux premières places, Ecclestone a supplié les équipes Michelin de faire quelques tours au moins.

    La position du manufacturier de pneus était toutefois immuable. Comme les pneus ne sont pas sécuritaires, il n’y a aucun risque à prendre.

    Les écuries n’ont fait que leur tour de formation afin de satisfaire leur contrat avec Ecclestone.

    Fuck you, Bernie
    C’est tout ce qu’il fallait pour écœurer le public d’Indianapolis qui a droit à deux excellentes courses annuelles avec les 500 Milles, en IRL, et le Brickyard 400, en NASCAR.

    La F-1 vient dans cette villes américaine depuis 2000 et commençait à être un peu plus populaire. Les avancées faites ont été anéanties par cette maladresse du grand cirque.

    Ecclestone s’est excusé aux partisans du bout des lèvres. «Je suis vraiment désolé pour eux», a-t-il dit. Ça n’a pas empêché des membres du comité organisateur, polos de l’événement sur le dos, à l’insulter.

    «Fuck you, Bernie, and don’t ever come back», ont-ils crié quand Ecclestone a quitté le paddock.

    Même si les dirigeants de l’Indianapolis Motor Speedway ont encore un an de contrat avec la formule 1, il y a bien des chances qu’ils lui répètent exactement la même chose quand viendra le temps de préparer le Grand Prix américain de l’an prochain: «Va te faire foutre, Bernie, et ne reviens plus ici…»


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