Un proche de la mafia est blessé par balle


Maxime Deland

Dernière mise à jour: 17-12-2012 | 14h04

MONTRÉAL - Un homme connu des milieux policiers pour ses liens avec la mafia italienne a été criblé de balles en pleine rue, lundi avant-midi, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, à Montréal.

Un peu après 10 h, Giuseppe Fetta, âgé de 33 ans, se trouvait à côté de sa voiture, garée en bordure du boulevard Saint-Laurent, près de l'intersection de la rue Fleury, lorsqu'un individu s'est approché de lui avant d'ouvrir le feu à plusieurs reprises en sa direction.

Fetta, identifié dans le cadre de l'opération antimafia Colisée, en 2008, comme étant l'un des gardes du corps du mafieux Francesco Arcadi, a été atteint à plusieurs reprises aux jambes et au thorax.

Il était toutefois conscient à l'arrivée des secours, ainsi que durant son transport en ambulance jusqu'à l'hôpital. En soirée, Giuseppe Fetta se trouvait dans un état grave, mais stable, et les médecins ne craignaient pas pour sa vie.

Le tireur a pris la fuite avant l'arrivée des policiers et n'a pas encore été retrouvé.

Un large périmètre de sécurité a été érigé autour de la scène de crime et les enquêteurs, assistés des techniciens en identité judiciaire, ont scruté les lieux à la loupe pendant quelques heures afin de relever un maximum d'indices et d'éléments de preuve.

La députée fédérale d'Ahuntsic, Maria Mourani, qui passait par hasard dans le secteur peu de temps après le crime, a longuement épié le travail des policiers. Elle tentait de comprendre ce qui s'était produit.

«Il y a visiblement des règlements de compte qui sont en train de se faire dans le monde interlope», a fait remarquer la femme politique, qui est aussi spécialiste des gangs de rue.

Un meurtre le mois dernier

Il y a un mois presque jour pour jour, à environ 20 mètres de là, un meurtre a été commis dans des circonstances pratiquement identiques. Tony Gensale, âgé de 43 ans, a été froidement abattu au moment où il venait de terminer son cours à l'école Élite Taekwondo.

Force est d'admettre que Giuseppe Fetta a la couenne dure. Il a non seulement survécu à l'attaque perpétrée contre lui, mais il a également laissé sa marque à la prison de Bordeaux, en 2008.

Ayant eu vent que Francesco Arcadi les avait traités «d'animaux» et de «singes», des membres de gangs de rue qui se trouvaient alors derrière les barreaux ont voulu se venger en s'en prenant à son garde du corps, Giuseppe Fetta.

Une dizaine de membres de gang, dont certains armés de pics, s'en étaient pris à Fetta à l'intérieur des murs de la prison en le frappant à de nombreuses reprises à la tête. Blessé et ensanglanté, Giuseppe Fetta s'était littéralement déchaîné sur ses assaillants. Ceux-ci avaient à ce moment pris la fuite, tandis que l'un d'eux, pris au piège, s'était jeté du haut du deuxième étage pour échapper à la rage du colosse.


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