Un fonctionnaire a entamé une grève de la faim lundi dans l'espoir de mettre un terme au conflit étudiant. Posté à l'entrée de l'UQAM, au coin de la rue Saint-Denis et du boulevard de Maisonneuve, il entend y rester neuf jours, au terme desquels il a l'intention de retourner au travail.
Jean-François espère influencer les associations étudiantes et le gouvernement Charest à mettre un terme au conflit lié à la hausse des droits de scolarité, qui perdure depuis plus de deux mois.
« Je suis déçu du gouvernement, qui laisse la situation moisir », a dénoncé cet employé de l'État.
L'employé pourrait faire face à de possibles sanctions de son employeur pour avoir déserté ses fonctions au nom de ce qu'il qualifie de « cause sociale ».
« C'est le Québec au complet qui est en train de se lever et de faire quelque chose, a-t-il dit. Je sentais qu'il fallait que je me lance. »
Même s'il porte le carré rouge, le fonctionnaire apporte quelques nuances. Le carré rouge est devenu, selon lui, un symbole plus grand que celui de se positionner contre la hausse des droits de scolarité. Il y voit plutôt un désir de changement réclamé par la population et une continuité possible de la vague orange observée lors des dernières élections fédérales.
« Je ne suis pas contre une hausse, mais [je suis] contre une hausse de 75 % », a-t-il clarifié avant de déplorer le manque de flexibilité de toutes parts, tant du côté de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, que de la CLASSE.
Le fonctionnaire a aussi déploré le manque de respect envers le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), alors que des manifestants hurlaient « Pédale, cochon! » à un groupe de policiers en vélo. « La police se fait ridiculiser », a-t-il constaté en ajoutant que cette tension n'est ni nécessaire, ni souhaitable. Il souhaite donc envoyer un message de paix à tous.
« [Étudiants], rentrez chez vous; et en haut, asseyez-vous et discutez », a-t-il conclu.