« Rage, honte et peur »

- Bernard Plante

Dernière mise à jour: 13-06-2007 | 20h13

C’est avec la voix tremblotante qu’a témoigné, aujourd'hui au Palais de justice de Québec, l’épouse de Jeff Fillion dans la poursuite de 450 000$ du chef d’antenne de TVA, Pierre Jobin, contre son mari. Marie-Claude Grenier dit avoir réagit avec « rage » lorsqu’elle a entendu parler, pour la première fois, du reportage de TVA qui associait Jeff Fillion à « un tournoi de golf érotique » au Mont Tourbillon.

Mme Grenier a dit avoir entendu parler de ce reportage d’abord lorsque son mari le commentait sur les ondes de CHOI le lendemain matin de sa diffusion au bulletin de nouvelles de TVA de 18h00 : « J’étais shaké. C’est quoi cette histoire là. »

Interrogée par le procureur de Genex Communication, Me René Dion, Marie-Claude Grenier a dit qu’elle était « bouleversée » d’entendre que le nom de son « chum » était associé à une enquête de police liée à un réseau de prostitution juvénile. Le procureur de Pierre Jobin, Me Marc Paradis, s’est objecté au témoignage en estimant qu’il n’était « d’aucune utilité » dans cette cause. Le juge, Jean-Claude Larouche, a accepté d’entendre le témoignage « sous réserve » de sa pertinence au dossier.

Mme Grenier a affirmé qu’elle était dans les mêmes dispositions lorsqu’elle a pris connaissance de reportage sur bande vidéo et qu’une « grosse chicane » avait éclatée entre elle et son mari : « Je ne comprenais pas. TVA est une source crédible d’information et c’est toi – Jeff Fillion – qu’on voit. »

La conjointe de Jeff Fillion a aussi expliqué que par la suite elle était « gênée » et qu’elle avait « honte » au moment d’aller faire ses courses en raison de ce que les gens pourraient se dire en l’apercevant : « C’est elle la cocotte qui est avec Jeff Fillion qui – lui – va dans des partouses. »

Contradiction avec Martin Hevrel

Marie-Claude Grenier dit aussi avoir eu « peur » pour la sécurité de ses enfants au moment de la diffusion d’une autre nouvelle par TVA dans laquelle l’adresse du domicile familial apparaissait. Le lendemain de cette diffusion elle a eu une conversation téléphonique « très animée » avec le journaliste de TVA qui était responsable du dossier, Martin Hevrel.

Mme Grenier affirme qu’au cours de cette conversation Martin Hevrel lui aurait confié que des personnes, dans la salle des nouvelles de TVA, avaient trouvé « très, très drôle » que l’adresse de Jeff Fillion apparaisse à l’écran.

Juste auparavant, le journaliste de TVA appelé à la barre a affirmé que « personne », dans la salle des nouvelles de TVA, n’avait trouvé ça drôle. Martin Hevrel a expliqué que son appel avait pour objet de s’excuser et que personne à TVA n’avait pu intercepter la bourde avant sa diffusion : « On a fait en sorte – après la diffusion – que ça ne repasse pas. »

Dans son témoignage, Marie-Claude Grenier a estimé qu’il était « inconcevable » que personne à TVA n’ait pu intercepter cette diffusion.

Ordonnance de non publication

En matinée, l’actif et le passif de Jeff Fillion ont été passés à la loupe par le procureur de Pierre Jobin pour mesurer l’état de ses finances personnelles. Le juge a émis une ordonnance de non publication sur les faits allégués pour préserver la confidentialité de ces informations. L’ordonnance vaut également pour Genex et son patron, Patrice Demers, lorsque leurs bilans financiers seront évoqués en cour.

Les audiences vont reprendre demain en début d’après-midi. Le juge a accepté ce délai en raison de la décision de la Cour suprême qui sera rendue jeudi matin concernant la licence de CHOI. Les procureurs devraient être en mesure d’enregistrer leurs plaidoiries au début de la semaine prochaine.


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