Pas de chicane dans ma cabane

Accommodements / Cabanes à sucre - Pas de chicane dans ma cabane

Les musulmans ont fait leur prière sur la piste de danse de la cabane à sucre l'Érablière au Sous-Bois.© Le Journal de Montréal

Caroline Roy
Le Journal de Montréal

Le propriétaire d'une cabane à sucre de Mont-Saint-Grégoire, en Montérégie, a mis fin au party d'un groupe de clients pour permettre à des musulmans de faire leur prière sur la piste de danse.

Le chanteur country Sylvain Boily, alias Danny Boy, a passé une très mauvaise journée le dimanche 11 mars dernier à l'Érablière au Sous-Bois.

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Réuni avec une vingtaine d'amis et parents, il prétend avoir été invité à sortir de la salle de danse de la cabane à sucre lorsqu'un groupe d'une cinquantaine de musulmans s'y est installé pour prier.

Dehors

«On nous a demandé de quitter la salle et d'arrêter de jouer de la musique. Le groupe de musulmans s'est mis à genoux et a commencé à prier», soutient M. Boily.

Lui et sa famille venaient à peine d'entrer dans la salle de danse pour faire la fête. «Ma tante jouait de l'accordéon. Quelqu'un lui a demandé d'arrêter», indique le chanteur.

Offusqué, il a décidé de quitter l'érablière avec ses proches au lieu d'attendre que la prière musulmane prenne fin, vingt minutes plus tard.

«Ça faisait des années que je n'étais pas allé à la cabane à sucre. Mon intention était de rester jusqu'en soirée. Je n'ai même pas eu le temps de donner tous les cadeaux à mes proches», raconte-t-il.

Loi du nombre

Selon le propriétaire de l'Érablière au Sous-Bois, Sylvain Boily se plaint pour rien. «C'est notre décision d'arrêter la musique dans la salle de danse pour permettre aux musulmans de prier», explique Roch Gladu. Il a agi ainsi parce que le groupe de musulmans était plus nombreux que la famille de M. Boily. Ils étaient 260 et le quart a manifesté le désir de prier.

«Il n'y avait pas d'autres personnes à part M. Boily et sa famille dans la salle. C'est la loi du nombre», dit M. Gladu.

«Je n'ai jamais vu une salle se vider aussi vite, affirme plutôt Sylvain Boily. C'est une cabane à sucre québécoise. Les gens y viennent pour avoir du fun. Ma famille n'est pas raciste. Mais ils se sont crus tout permis.»

Entente avec le proprio

Astrolabe, un organisme qui planifie des activités culturelles et sportives pour des musulmans, affirme ne pas s'être rendu compte qu'un client était froissé par leur prière.

«Je surveillais les enfants pendant la prière, je n'ai vu personne se fâcher», raconte Adel Larabi, président d'Astrolabe.

Pour lui, une visite à la cabane à sucre est une belle façon de faire connaître cette activité et ces mets typiquement québécois aux membres du groupe.

Ce dernier s'était entendu avec le propriétaire de la cabane à sucre afin d'avoir un espace privé pour la prière après le dîner.

«La salle à dîner était trop achalandée, M. Gladu nous a proposé la salle de danse. Il a arrêté la musique le temps de la prière, qui a duré à peine dix minutes», dit-il.

Le groupe avait aussi demandé des changements au menu afin qu'il n'y ait pas de porc. Toutefois, seuls les plats servis à ce groupe précis ont été modifiés.


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