Marc-Yvan Côté poursuit Agnès Maltais pour 200 000 $

Michel Hébert
Journal de Québec

Jugeant sa réputation injustement entachée, l'ancien ministre et organisateur libéral Marc-Yvan Côté poursuit la députée péquiste Agnès Maltais pour 200 000 $.

La requête de M. Côté a été déposée par son avocat, Me Éric Blouin, à la Cour supérieure, au Palais de justice de Québec, hier après-midi.

Un huissier la remettra en mains propres à la députée de Taschereau, à son bureau de comté ou à son domicile du centre-ville de Québec, au plus tard lundi.

Dans une mise en demeure signifiée le 4 avril dernier, M. Côté exigeait que la députée retire les propos diffamatoires qu'elle avait tenus à l'intérieur et hors de l'enceinte de l'Assemblée nationale, le 30 mars dernier. Ce que Mme Maltais s'est refusée de faire jusqu'à maintenant.

À cause du zoo!

Lors d'un échange avec le ministre responsable de la Capitale nationale, Michel Després, Mme Maltais avait laissé entendre que la fermeture du zoo profiterait à des promoteurs immobiliers. Mme Maltais faisait un lien direct entre Marc-Yvan Côté, le groupe Roche et le premier ministre Jean Charest. Selon la requête déposée devant les tribunaux hier, l'argumentaire de Mme Maltais reposait sur des informations erronnées publiées par Le Soleil.

«La défenderesse (Agnès Maltais) aurait dû vérifier la valeur des propos tenus dans Le Soleil, et de ce fait, elle n'aurait pas repris à son compte des affirmations inexactes et tendancieuses», précise la requête.

Selon Me Blouin, les déclarations et les insinuations de la députée Maltais laissent croire que Marc-Yvan Côté a contrevenu au Code criminel du Canada et à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme.

M. Côté demande donc 75 000 $ pour atteinte à son honneur et à sa réputation, 75 000 $ pour la perturbation de sa vie familiale, sociale et professionnelle et encore 50 000 $ en dommages punitifs.

Jean Charest

Pour «analyser ce dossier» Mme Maltais s'en est remis à Gilles Grenier, un avocat de Joli-Coeur Lacasse, militant pour le Parti québécois depuis des années. Mais depuis deux semaines, c'est le silence complet. Dans les officines péquistes, on tourne d'ailleurs cette affaire en dérision. Mme Maltais a pris quelques jours de congé mais la semaine qui vient risque d'être moins reposante car il n'est pas exclu que le premier ministre Charest, qui exige aussi une rétractation, opte également pour des poursuites judiciaires.

Son avocat, Me Jacques Jeansonne, ne voulait rien dire hier des intentions de son client mais l'initiative de son collègue Blouin pourrait l'inciter à précipiter les choses. Au PQ, on croit que Mme Maltais fera bientôt «un pas de côté», c'est-à-dire qu'elle nuancera ses propos de manière à éviter l'humiliation.


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