La fin pour le maire Richard Marcotte

Dernière mise à jour: 30-11-2012 | 11h06

MASCOUCHE - Visé par six chefs d'accusation au criminel et pris dans la tourmente, le maire de Mascouche, Richard Marcotte, s'est finalement rendu aux pressions de ses citoyens et a annoncé sa démission vendredi.

La démission du maire s'explique par deux choses. Un maire ou un conseiller accusé au criminel, selon le nouveau projet de loi 10, devient inhabile à siéger.

De plus, un membre de la famille Marcotte serait très malade, et le maire veut passer plus de temps avec lui.

Le maire Marcotte a annoncé officiellement sa démission, tard vendredi soir, dans un communiqué.

«Si, depuis plus de 22 ans, ce sont les batailles publiques que j'ai choisies, aujourd'hui, au seuil de mon 65e anniversaire, j'ai décidé de privilégier la santé de ma famille, a fait savoir M. Marcotte. C'est pourquoi, à partir de ce 30e jour de novembre 2012, j'ai décidé de démissionner du poste de maire de la Ville de Mascouche.»

Sa décision avait toutefois été annoncée vendredi matin par un hebdomadaire local.

M. Marcotte précise aussi dans son communiqué qu'il ne fera aucun autre commentaire, ni déclaration.

La mairesse suppléante Lise Gagnon prendra pour le moment le relais du maire Marcotte.

Prime de départ

Le maire démissionnaire pourra toucher dès vendredi une allocation de départ de 70 639 $ ainsi que 10 000 $ pour ses REER. Dans 90 jours, il pourra également avoir droit à une allocation de transition de 87 351 $.

Ces montants pourraient être contestés lundi lors de la séance du conseil municipal.

TVA Nouvelles a appris que lors d'un caucus extraordinaire à huis clos, le directeur de Mascouche a discuté récemment avec les élus afin de leur expliquer les modalités concernant les primes de départ.

Le maire Marcotte aurait fait des démarches auprès des hauts fonctionnaires de la Ville pour savoir à combien il aurait droit quand il quitterait son poste.

Le chef du parti Vision démocratique de Mascouche a avancé que le maire aurait conclu une entente avec les dirigeants de l'administration municipale.

«Les négociations pour son départ avaient cours depuis plusieurs mois déjà, et cette entente serait entérinée lundi soir par les membres du conseil», a soutenu Me Stéphane Handfield.

Meilleure décision

«Il a pris à mon avis la meilleure décision dans l'intérêt des citoyens, a ajouté l'avocat. C'est une page sombre qui se tourne. On va regarder maintenant vers l'avenir. J'espère que les gens de Mascouche pourront retrouver la fierté de résider à Mascouche.»

La prime de départ des élus municipaux est prévue dans la loi.

Arrêté par l'UPAC

Richard Marcotte fait partie des 17 personnes arrêtées par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans la foulée du projet Gravier, en avril dernier.

Absent lors de la frappe de l'UPAC, le 17 avril, il a été arrêté deux jours plus tard à sa sortie de l'avion, alors qu'il revenait de vacances passées à Cuba.

Richard Marcotte fait face à de multiples accusations de fraude, de complot pour fraude, d'actes de corruption dans les affaires municipales, d'abus de confiance ainsi que de fraude envers le gouvernement. Son enquête préliminaire pourrait se tenir en 2013. Sa prochaine comparution est prévue pour le 17 décembre.

En dépit des accusations qui pèsent contre lui et qu'il a été hué par les citoyens et escorté par la police lors des réunions du conseil municipal, Richard Marcotte s'est accroché à son poste.
Il a tenté à de multiples reprises au cours des derniers mois de présider le conseil municipal de Mascouche, mais chaque fois, il se faisait accueillir par des huées bien senties.

Il a même dû quitter une réunion du conseil sous escorte policière, le 9 juillet, pour que la séance puisse se dérouler dans le calme, sans lui.


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