Le gouvernement est prêt à écouter les entreprises


Annie St-Pierre

Dernière mise à jour: 27-11-2012 | 21h59

QUÉBEC - Le gouvernement Marois est prêt à satisfaire les demandes des compagnies minières et à modifier le régime de redevances selon le type de minerai exploité et le niveau de transformation.

«Le développement des mines et la transformation du minerai sont une priorité pour le nouveau gouvernement du Québec», a mentionné la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, en procédant hier matin à l'ouverture du congrès Mines Québec.

Ce changement de ton a soulagé les représentants de l'industrie qui se disent inquiets de l'incertitude planant au-dessus de la fiscalité des sociétés depuis l'arrivée du gouvernement péquiste.

La ministre Ouellet a rappelé aux sociétés sa volonté de taxer l'ensemble des minières et qu'un forum impliquant les entreprises se tiendra au début de l'an prochain. Elle s'engage à soutenir le développement des projets miniers des entreprises dans un «climat stable et prévisible».

«Nous souhaitons accompagner les minières dans leurs démarches afin que l'industrie connaisse un développement responsable», a-t-elle dit, ajoutant que «le laisser-faire a prouvé ses limites et conduit de nombreux projets à des impasses et des échecs.»

Des assouplissements

L'intention du gouvernement est d'imposer les entreprises à hauteur de 5 % sur leur revenu brut et de percevoir 30 % de leurs surprofits. «Nous sommes ouverts sur les modalités, mais nous sommes fermes sur le résultat», a dit Mme Ouellet.

Elle précise que la nouvelle taxation pourrait toutefois varier selon le type de minerai extrait et la transformation qui est faite sur place. «On sait que du lithium et du fer, ce ne sont pas les mêmes marchés et les mêmes entreprises. On peut le regarder», a-t-elle signalé.

Elle songe également à instaurer un régime qui inciterait la transformation. «Plusieurs intervenants m'ont fait cette proposition, nous sommes ouverts», a dit Mme Ouellet.

Une nouvelle loi

De plus, le gouvernement est prêt à accepter que le nouveau régime de redevances soit exclu du projet de loi sur les mines qu'il soumettra à la prochaine session parlementaire.

C'est contraire à ce qu'il exigeait lorsque le Parti québécois formait l'opposition officielle à l'Assemblée nationale. «Nous n'avons pas encore déterminé le mécanisme. Sur le détail, ça devrait être du côté du ministère des Finances», a-t-elle indiqué.

La présidente de l'Association minière du Québec, Dominique Dionne, s'est dite rassurée. «On souhaite revoir toute la fiscalité. Ce ne sont peut-être pas toutes les entreprises qui versent des redevances, mais toutes paient des impôts. Il faut voir toute l'enveloppe fiscale et non pas seulement les profits», a-t-elle commenté.

18 000 postes à combler

Le développement minier du Québec entraînera la création de 18 600 nouveaux emplois d'ici 10 ans, dont la majorité dans le Nord du Québec.

Les intervenants de l'industrie et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, se disent préoccupés par ces énormes besoins en main-d'œuvre. Les données révèlent que le Québec comptera 34 mines en développement ou en exploitation en 2016 et 45 d'ici 10 ans.

Ainsi, le nombre d'emplois passera de 10 600 actuellement à 15 300 dans quatre ans et 18 500 en 2021, disent les projections d'Emploi Québec. «En plus des emplois créés, le secteur minier aura besoin de plus de 10 000 personnes pour remplacer celles qui se retireront du marché du travail ou qui changeront de secteur d'activité», dit l'analyse des besoins.

Sur un horizon de 10 ans, les besoins totaux sont de 18 600 personnes, dont 9 300 uniquement d'ici 2016. Les sociétés minières demandent un plus grand nombre de programmes de formation, d'autant plus que la moitié des besoins de main-d'œuvre, soit 57 %, sont dans la région du Nord-du-Québec, où sont les principaux projets miniers.

Intéresser les jeunes

«Nous allons travailler avec les collèges et les universités pour s'assurer que l'offre est disponible, mais il faut aussi intéresser les jeunes à ces métiers», a dit la ministre. L'Institut national des mines a développé un plan stratégique.

Le président et directeur général, M. Jean Carrier, s'est notamment dit surpris du fait qu'aucun programme de formation n'existe pour les opérateurs de machinerie de traitement de minerai, la profession qui se situe au second rang des plus demandées au Québec.


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