SHERBROOKE - Pendant que des dizaines de milliers d'étudiants battaient la semelle mercredi dans les rues de Montréal, Jean Charest s'est éloigné de la métropole pour faire un saut dans un décor bucolique de la Montérégie puis dans sa circonscription de Sherbrooke.
Une pure coïncidence, a dit le chef libéral qui savait fort bien que les étudiants descendent dans la rue le 22 de chaque mois depuis mars et qu'ils seraient fidèles au rendez-vous. Jean Charest a soutenu qu'il n'a pas peur de la rue.
«Je me promène régulièrement à Montréal et je ne me promène pas avec 10 caméras de télévision. Quand je vais à l'épicerie, au marché Atwater ou chez Costco, j'y vais parce que j'ai le goût, j'aime faire des courses, je croise des gens. Ma vie a toujours été comme ça et ça ne changera pas», a promis M. Charest qui a évité les bains de foule depuis le début de la campagne électorale.
Avec sa femme
Après avoir quitté Montréal tard en soirée mardi, Jean Charest était dans sa circonscription de Sherbrooke, mercredi matin, où il a discouru devant un parterre d'environ 200 femmes en compagnie de son épouse Michelle Dionne et de la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay.
Michelle Dionne fait campagne activement pour que son mari soit réélu dans Sherbrooke le 4 septembre. «Sherbrooke n'est pas un château fort libéral, on ne tient rien pour acquis, on va à la rencontre des gens sur le terrain», a affirmé Mme Dionne après le discours de son mari.
Les sondages d'opinion qui placent Jean Charest deuxième dans Sherbrooke, derrière le candidat péquiste Serge Cardin, n'indisposent pas Michelle Dionne. «La campagne n'est pas plus difficile que les autres. C'est notre neuvième, elle est différente», a-t-elle dit.
La tempête
Après s'être arrêté dans une ferme de Saint-Jean-sur-Richelieu, le chef libéral a de nouveau pris François Legault pour cible. À son avis, la promesse du chef de la CAQ d'augmenter de 20 % les salaires des conventions collectives des enseignants du primaire et du secondaire déclenchera une tempête dans les rangs des autres employés de l'État.
«Croyez-vous vraiment que tous les syndicats vont accepter que les profs augmentent de 20 %? Les infirmières elles? Ils vont demander de rouvrir les conventions collectives. Pourrions-nous les en blâmer», a dit M. Charest. Je suis convaincu qu'il n'y a même pas pensé et c'est ça qui est inquiétant dans le cas de M. Legault. Il pense qu'il va rouvrir les conventions collectives et que personne va dire un mot. Il vit dans un monde imaginaire», a ajouté le chef libéral.