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Odeur de campagne électorale

Charest cherche à calmer le jeu

Agence QMI 
Rémi Nadeau
10/02/2012 04h00 

Odeur de campagne électorale - Charest cherche à calmer le jeu
Jean Charest au caucus des députés l'Aile parlementaire libérale. 
© Yves Charlebois/Agence QMI

VICTORIAVILLE – Jean Charest soutient qu'il ne prépare pas d'élections printanières et accuse ses adversaires de mousser un scrutin hâtif par pur opportunisme politique.

« Pauline Marois fait la promotion d'une campagne pour fouetter ses troupes et rallier les dissidents, alors que pour François Legault, c'est urgent de monter son parti », a lancé le chef libéral jeudi, à Victoriaville, affirmant du même coup qu'il ne « programme » pas d'élections pour le printemps.

À leur arrivée à la réunion visant à préparer la rentrée parlementaire, des députés libéraux n'ont pourtant pas caché que les rumeurs d'élections teinteraient leurs discussions.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a même reconnu que le prochain rendez-vous électoral était à l'ordre du jour de la réunion.

« Nous avons deux ans devant nous, et nous déclencherons les élections lorsque ce sera dans l'intérêt des Québécois », a maintenu Jean Charest, en cherchant à calmer le jeu. Questionné sur les enjeux de la prochaine campagne, le premier ministre n'a pas caché sa préférence pour le thème de l'économie.

« Ceux qui passent à côté se trompent gravement, parce que l'emploi, l'économie, c'est au cœur même de tout ce que nous devons entreprendre au Québec si nous voulons maintenir nos programmes sociaux, a-t-il affirmé. Au Parti libéral du Québec, c'est notre marque de commerce, c'est la priorité du gouvernement et ce sera l'enjeu. »

Budget

Le ministre des Finances, qui dit « se tenir prêt » pour des élections, a assuré toutefois qu'il n'est pas question de devancer le dépôt du budget pour précipiter un scrutin. « Ce sera dans la semaine du 20 ou du 27 mars comme prévu, ce ne sera pas accéléré et ce sera dans la continuité », a signifié Raymond Bachand.

Il a rejeté toute possibilité de réduire la taxe santé, qui atteint 200 $ cette année, même si le Parti québécois s'engage à l'abolir.

« Non, ce milliard-là, nous avons besoin de l'injecter dans le système de santé directement », a-t-il dit.

Avenir

Alors que certaines rumeurs font état du possible retrait de la vie politique de ministres expérimentés du cabinet Charest, dont Raymond Bachand, Michelle Courchesne (Conseil du trésor) et Monique Gagnon-Trembay (Relations internationales), ni l'un ni l'autre n'a voulu les faire taire en confirmant qu'ils solliciteraient un nouveau mandat.

« Moi, j'adore mes dossiers, ce sont les adversaires qui parlent d'élections, ce n'est pas nous », s'est contentée de répondre Mme Courchesne en prenant congé des journalistes.

Monique Gagnon-Tremblay a tenu le même discours, soutenant que dans sa circonscription, « personne ne demande d'aller en élections ce printemps ».

Par ailleurs, trois ministres du gouvernement ont pris la peine de convoquer la presse en marge du caucus, pour déplorer à nouveau l'obstruction du Parti québécois à l'adoption du projet de loi sur les mines.

« Qu'on arrête de niaiser! C'est une pièce indispensable du Plan Nord, ça nous affecte et ça nous retarde », a insisté le ministre du Développement économique, Clément Gignac.



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