Les conservateurs ont régné sans partage à Ottawa

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Les conservateurs ont dû faire face à un Parlement plus polarisé que jamais. Photo Archives / Agence QMI


Huguette Young

OTTAWA - Bien en selle, les conservateurs de Stephen Harper ont régné en rois et maîtres à Ottawa en 2012, faisant adopter de nombreux projets de loi à la vapeur sans tenir compte souvent des modifications proposées par les partis d'opposition.

Mais ils ont dû faire face à une opposition officielle plus aguerrie et à un Parlement plus polarisé que jamais.

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Pressé de donner suite à ses promesses électorales, le gouvernement Harper a fait adopter ses deux grands projets de loi omnibus de mise en vigueur du budget. Sur les quelque 850 pages rassemblées qui cachaient une réforme en profondeur de l'assurance-emploi et une hausse de l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans, les conservateurs n'ont pas accepté une seule des milliers de modifications proposées. Même pas l'ajout d'une virgule.

Selon le politologue Louis Massicotte de l'Université Laval, cela «traduit un mépris incroyable vis-à-vis le Parlement», a-t-il analysé. Un projet de loi de cette ampleur, c'est du jamais vu, selon lui.

En bons tacticiens, les conservateurs ont réussi à ramener le débat sur l'avortement à l'avant-scène par l'entremise d'un projet de loi d'intérêt privé et à faire adopter des mesures impopulaires, mais ils ont aussi rencontré des obstacles sur leur chemin.

La nomination d'un vérificateur général unilingue anglophone, les querelles Ottawa-Québec sur le démantèlement du registre des armes d'épaule, les projets hydroélectriques du Bas-Churchill, les valeurs mobilières, la réforme de l'assurance-emploi et le recul sur l'environnement, toutes ces mesures ont mal passé.

Sur la question de la mort du registre des armes d'épaule, Québec a dû s'adresser aux tribunaux pour conserver les données québécoises de ce registre. De ressort fédéral, cette affaire se résume à une question de compétence, a résumé le ministre d'État à la Petite Entreprise et au Tourisme, Maxime Bernier qui a exhorté les provinces à respecter la Constitution canadienne.

Mais plus qu'autre chose, c'est l'épineux dossier de l'explosion du coût des chasseurs F-35 qui risque de nuire longtemps à l'image des conservateurs qui se targuent d'être de bons gestionnaires des finances publiques. Sans écarter les F-35, dont le coût a passé de 16 milliards$ à près de 46 milliards$, d'autres avions de chasse sont à l'étude.

«En bons gestionnaires, on va regarder ce qu'il y a sur le marché», a souligné M. Bernier.

En fin d'année, les conservateurs ont dû se rallier à un projet de loi néo-démocrate qui obligera à l'avenir les agents du Parlement à être bilingues dès leur nomination.

«On favorise le bilinguisme institutionnel et non pas le bilinguisme individuel», a précisé M. Harper sur les ondes de TVA Nouvelles.

Les partis d'opposition, eux, ont placé leurs pions. Justin Trudeau, qui a fait son entrée en scène dans la course libérale, suscite de l'enthousiasme auprès des foules.

Les néo-démocrates ont fait la transition de Jack Layton à Thomas Mulcair avec facilité et ont réussi à s'imposer comme une «opposition officielle crédible», a analysé Anne McGrath, ex-chef de cabinet de MM. Layton et Mulcair.


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