OTTAWA - Les récriminations du ministre de la Justice du Québec, Jean-Marc Fournier, à l'égard du projet de loi sur la réforme du Sénat ne sont pas fondées et ne représentent pas la volonté des Québécois, a lancé Christian Paradis, ministre de l'Industrie et lieutenant politique du gouvernement Harper pour la province.
M. Paradis s'est dit «surpris» du recours contre les tribunaux intenté par M. Fournier contre le projet fédéral de réforme du Sénat, car cela relève «de la pleine sphère de compétence fédérale», a-t-il indiqué lors d'une entrevue téléphonique à l'Agence QMI à l'occasion du premier anniversaire de l'élection du premier gouvernement majoritaire de Stephen Harper le 2 mai 2011.
«On a présenté un projet de loi qui est dans notre pleine sphère de compétence alors je ne respecte pas des démarches comme celles-là», a affirmé le ministre conservateur.
Selon lui, M. Fournier a tort de dire que cette initiative fédérale est «antidémocratique» ou de monter aux barricades pour dénoncer le projet de loi C-10 de lutte contre la criminalité «alors qu'on sait que la majorité des Québécois nous appuient dans ça, c'est ça que je ne respecte pas».
Cela dit, on ne peut en conclure comme l'a fait récemment le chef bloquiste Daniel Paillé, «que les relations sont glaciales, qu'on ne se parle pas et que c'est la séparation du Québec».
Pour M. Paradis, la réforme du Sénat qui prévoit l'élection de sénateurs dans les provinces qui le souhaitent et un mandat limité pour les sénateurs «résonne aux oreilles des Québécois».
Quant à l'encadrement du pouvoir de dépenser, une promesse conservatrice électorale au tout début du mandat de Stephen Harper, ce n'est pas pour demain.
«C'est un engagement qui est là, mais la principale priorité, c'est de nous assurer que la récession soit en arrière pour de bon et qu'on se dirige vers une reprise économique. C'est là que les gens veulent nous voir agir et c'est là où on va concentrer nos efforts.»
Il croit aussi que le chef néo-démocrate Thomas Mulcair vit «une lune de miel» qui ne pourra durer. M. Paradis affirme que le chef de l'opposition officielle promet la lune à tout le monde, ce qui fera inévitablement grimper les impôts.