OTTAWA – Changement de ton aux Communes. Le gouvernement de Stephen Harper a annoncé qu'il appuiera lundi une motion néo-démocrate qui accordera des pouvoirs accrus à Élections Canada pour lui permettre de lutter contre la fraude électorale.
Les néo-démocrates ont déposé une motion en ce sens jeudi aux Communes. Motion qui a été modifiée pour qu'elle s'applique rétroactivement aux élections passées et à celle du 2 mai où de nombreuses allégations d'appels frauduleux et trompeurs ont fait surface. Elle prévoit également l'identification obligatoire de toutes les compagnies de télécommunications qui fournissent des services d'appels automatisés ou de vive voix aux électeurs.
Élections Canada réclame, au nom de la transparence, et également pour pouvoir vérifier l'exactitude du remboursement réclamé des dépenses électorales, de pouvoir examiner les dépenses des partis politiques. Contrairement aux candidats qui doivent non seulement fournir un rapport de dépenses, mais aussi les pièces justificatives à l'appui, rien n'oblige les partis politiques à en faire autant.
Le premier ministre Stephen Harper s'est montré ouvert à la motion néo-démocrate modifiée.
«Le gouvernement a indiqué son appui pour les propositions d'aujourd'hui et nous encourageons n'importe quelle suggestion constructive de la part de l'opposition, a-t-il affirmé. Si l'opposition a des propositions détaillées, nous serons heureux de recevoir ces suggestions.»
Or, puisque cette motion n'engage pas le gouvernement Harper, il n'est pas clair s'il y donne suite en adoptant un projet de loi destiné à accroître les pouvoirs d'Élections Canada.
Pour sa part, le chef libéral intérimaire Bob Rae veut croire en la bonne volonté du gouvernement Harper même s'il entretient des doutes.
«Ils sont en faveur de la motion, ce qui veut dire clairement qu'ils ont l'obligation de mettre une loi devant la Chambre des communes», a-t-il indiqué.
Au bureau du premier ministre, on a indiqué qu'on appuyait «l'esprit de la motion amendée».
Les partis d'opposition accusent les conservateurs de Stephen Harper d'être à l'origine d'une avalanche d'appels automatisés trompeurs ou frauduleux pour induire les électeurs en erreur pendant la campagne électorale.
Le Parti conservateur maintient qu'il n'a rien à se reprocher, mais qu'il est important de faire la lumière sur des allégations d'appels frauduleux dans la circonscription ontarienne de Guelph.
Néo-démocrates et libéraux ont également ramené sur le tapis des cas d'appels nuisibles liés à la compagnie RMG, Research Marketing Group. Des électeurs ont été bombardés d'appels pour envoyer des dons au Parti conservateur.
Le conservateur Dean Del Mastro, secrétaire parlementaire du premier ministre, a avoué qu'un employé de RMG avait été «congédié» pour avoir fait des appels harcelants aux électeurs pendant la campagne électorale.