Puni pour avoir parlé anglais en classe

Châteauguay - Puni pour avoir parlé anglais en classe

Lorsque Shannon Cross a lu cet avis, elle était furieuse et a refusé de le signer, puisqu'elle n'approuve pas ce règlement.Photo Valérie Lessard / Agence QMI


Valérie Lessard

CHÂTEAUGUAY - Shannon Cross, de Châteauguay, a été très surprise d'apprendre que son fils n'avait pas le droit de parler anglais avec un ami dans une école francophone.

Le fils de Mme Cross est élève en sixième année à l'école primaire Notre-Dame-de-l'Assomption, à Châteauguay. Dans la famille, on s'exprime aussi bien en anglais qu'en français. Le 25 janvier dernier, l'enfant est rentré de l'école avec un avis de comportement, car il s'était exprimé en anglais en classe. La note signée par l'enseignante précise que «malgré plusieurs avertissements, Andy continue de parler en anglais en classe».

Lorsque Shannon Cross a lu cet avis, elle était furieuse et a refusé de le signer, puisqu'elle n'approuve pas ce règlement. Les enfants qui reçoivent plusieurs avis peuvent être privés d'activités privilèges.

Selon la version que son fils lui a donnée, il conversait avec un compagnon de classe en anglais lors d'une récréation, qui avait lieu en classe, en raison du temps très froid de la dernière semaine. «Son ami est immigrant, c'est plus facile pour lui de s'exprimer en anglais, a souligné Mme Cross. Je peux comprendre que dans la classe ça se passe en français, mais je ne veux pas que mon fils se sente mal à l'aise de parler en anglais.» Elle estime qu'on ne peut punir un enfant parce qu'il a parlé une autre langue.

Averti à plusieurs reprises

«J'ai pris la décision d'envoyer mes trois enfants à l'école francophone parce que je considère que c'est important étant donné qu'on est au Québec. C'est plus facile pour se trouver une job. Je ne pensais pas qu'il était interdit de parler anglais», a expliqué la mère d'Andy.

Questionnée sur l'existence d'un règlement interdisant aux enfants de s'exprimer dans une autre langue, la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries a indiqué que cela faisait partie «du projet éducatif de l'école de renforcer le français écrit et oral». «Nous sommes une commission scolaire francophone et, par le fait même, une école francophone. Nous devons respecter les règles de l'Office québécois de la langue française», a indiqué la porte-parole de la commission scolaire, Mylène Godin.

«Dans un contexte de classe, il est indispensable qu'autant les élèves que le personnel s'exprime en français, et ce, peu importe sa langue maternelle», a-t-elle ajouté. Selon Mme Godin, le manquement aurait été constaté dans un contexte d'enseignement et non pendant une récréation, et l'enseignante avait averti l'enfant à plusieurs reprises fois avant de lui donner un avis.


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