Régys Caron
Agence QMI

Des fonctionnaires sont congédiés, à défaut d'être bilingues

Gouvernement du Québec - Des fonctionnaires sont congédiés, à défaut d'être bilingues

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Régys Caron

Il arrive que des fonctionnaires du gouvernement du Québec soient congédiés parce qu'ils ne maîtrisent pas suffisamment l'anglais, a révélé mardi matin la présidente du Syndicat de la fonction publique (SFPQ), Lucie Martineau.

«J'ai deux sentences arbitrales à la Commission des relations de travail où une femme a été congédiée parce qu'elle ne maîtrisait la langue anglaise», a exposé Mme Martineau quelques minutes avant de présenter le mémoire du SFPQ à la commission parlementaire qui étudie, à partir de ce matin, le projet de loi 14 qui modifiera la Charte de la langue française.

«[Pourtant] les articles 45 et 46 de la Charte de la langue française sont clairs sur le fait qu'on ne peut congédier quelqu'un parce qu'il ne maîtrise pas une autre langue», a-t-elle précisé.

«De plus en plus on demande aux fonctionnaires d'utiliser une autre langue, habituellement c'est l'anglais», a ajouté la présidente du SFPQ.

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Selon Lucie Martineau, la fonction publique se bilinguise. «C'est tellement un phénomène qui grandit, qu'à chaque ronde de négociation, on arrive avec une prime au bilinguisme pour les fonctionnaires», a-t-elle dit.

Mme Martineau estime que la future Charte de la langue française devrait être plus «coercitive» pour freiner cette «dérive» vers le bilinguisme.

Pour sa part, la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane de Courcy a déclaré mardi, à l'ouverture des travaux, que «plusieurs études avaient démontré un recul du français» et que le projet de loi 14 visait à corriger le tir.

Du côté de l'opposition officielle, le député libéral Marc Tanguay a déploré les mesures coercitives contenues dans le projet de loi qui, à son avis, enlèvent des droits à des citoyens.

«L'épanouissement de la langue française ne doit pas se faire en retirant des droits ou en envoyant des gens devant les tribunaux», a dit M. Tanguay.

Du côté de la Coalition Avenir Québec, la députée Nathalie Roy a dit souhaiter que les dispositions entourant les entreprises ayant de 26 à 49 employés ne viennent pas accroître leur fardeau administratif.



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