Les manifestations étudiantes consacrées par l'Agence QMI

Événement

Les policiers de l'escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec lors de la manifestation de Victoriaville, en mai dernier. Photo Archives / Agence QMI


Jules Richer

MONTRÉAL - Que l'on soit d'accord ou non avec les revendications des étudiants, les manifestations du «Printemps érable» ont dominé l'actualité au Québec en 2012.

Selon un sondage mené par l'Agence QMI auprès des responsables de l'information des médias de Québecor, les grandes manifestations contre la hausse des droits de scolarité du printemps dernier constituent l'événement le plus marquant de l'année 2012.

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Il y a longtemps qu'on n'avait pas vu le Québec vibrer aussi intensément au rythme des revendications d'une tranche de la population. Au summum de leur intensité, les manifestations étudiantes ont rassemblé dans les rues de Montréal des centaines de milliers de personnes. Les médias du monde entier en ont parlé; le Québec était devenu un symbole planétaire de la contestation dans la rue.

«Ces manifestations ont été au cœur d'une crise et d'un mouvement pas vu depuis plus de 40 ans. Elles ont polarisé l'opinion publique, suscitant autant d'admiration que de mépris; et elles ont donné des résultats surprenants», a résumé Bernard Barbeau, chef des nouvelles à l'Agence QMI, un des responsables de l'information sondés.

Et polarisé, le Québec l'a été: les Montréalais contre le reste du Québec, les «carrés rouges» contre ceux qui n'en portaient pas, la ville contre la banlieue, les jeunes contre les vieux. La police et les étudiants n'ont pas fait meilleur ménage, s'affrontant parfois violemment, comme ce fut le cas à Victoriaville le 4 mai pendant le conseil général du Parti libéral.

Des noms connus

Menées par les associations étudiantes - la CLASSE, la FECQ et la FEUQ -, avec à leur tête des leaders qui sont devenus des noms connus, Gabriel Nadeau-Dubois, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins, les manifestations se sont étirées pendant plusieurs mois. Dans les cégeps et les universités, les grèves auront duré du 13 février au 7 septembre.

Devant cette mobilisation, le premier ministre Jean Charest a décidé qu'il ne s'en laisserait pas imposer par «la rue». Il a promulgué la fameuse loi 78 (devenue par la suite la loi 12), encadrant le droit de manifester et l'accès aux institutions d'enseignement. Il a tenté aussi - sans succès - d'en arriver à une entente avec les leaders étudiants.

Devant l'échec des négociations, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a démissionné pour être remplacée par Michelle Courchesne, qui n'allait pas avoir plus d'ascendant sur les étudiants.

Le mouvement gagnera une base encore plus large. À leur tour, les citoyens ordinaires sont descendus dans les rues au mois de mai pour faire résonner pacifiquement des dizaines de milliers de casseroles. Par son caractère spontané et son ampleur, ce phénomène était sans précédent au Québec.

Finalement, Jean Charest a décidé de déclencher des élections anticipées au mois d'août. Il les a perdues aux mains du Parti québécois et a décidé de tirer sa révérence de la vie politique. La nouvelle première ministre Pauline Marois a vite annulé la hausse des frais de scolarité. Les étudiants ont gagné.

Autres choix

Les manifestations ont obtenu 53 % des votes des responsables de rédactions sondés par l'Agence QMI. Les travaux de la commission Charbonneau, sur la corruption dans l'industrie de la construction, sont arrivés en deuxième position avec 35 % des votes. Les démissions des maires de Montréal et de Laval ont décroché 7 % des voix.


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