Daniel Breton n'aura pas à s'expliquer


Régys Caron

QUÉBEC -L'ex-ministre de l'Environnement Daniel Breton n'aura vraisemblablement pas à expliquer en commission parlementaire sa visite impromptue dans les bureaux du BAPE le 24 octobre.

Les deux principaux partis d'opposition, libéraux et caquistes, qui avaient obtenu la tenue de cette commission parlementaire prévue le 7 décembre, sont maintenant divisés sur la pertinence de faire l'exercice depuis que Daniel Breton a démissionné comme ministre de l'Environnement.

Dans une lettre remise lundi à la présidente de la Commission des transports et de l'environnement, Fatima Houda-Pépin, les libéraux demandent le maintien de la commission parlementaire. «Nous considérons que ce mandat est toujours pertinent. Le BAPE est une institution très importante pour le Québec. Son indépendance a été vraisemblablement compromise le 24 octobre», a écrit la députée Yolande James dans sa missive.

Pour faire la lumière sur la visite de Daniel Breton, l'opposition officielle demande à entendre l'ex-vice-président du BAPE Pierre Fortin, congédié le mois dernier par l'ex-ministre, et ses quatre ex-collègues commissaires, Denis Bergeron, Michel Germain, François Lafond et Anne-Marie Parent. Daniel Breton ne figure pas sur la liste des personnes soumise par les libéraux.

La CAQ s'oppose

«La commission n'a plus sa raison d'être, a exposé le député caquiste François Bonnardel. Daniel Breton a payé un fort prix, Mme Marois aussi, avec un ministre qui a été obligé de démissionner après 70 jours. Les libéraux veulent s'acharner sur un homme blessé [...] On a d'autres chats à fouetter pour faire avancer le Québec.»

L'opposition officielle voit les choses différemment. «La question reste d'intérêt public : est-ce qu'il y a eu ingérence du ministre dans les bureaux du BAPE? La commission permettra de déterminer s'il y a eu acte inopportun et, si oui, quoi faire pour le prévenir», a plaidé un stratège libéral.

Pour annuler la tenue de cette commission parlementaire, l'Assemblée nationale devra être saisie d'une motion à être déposée par un ministre, a expliqué un porte-parole de l'Assemblée nationale. Le gouvernement Marois obtiendrait ainsi l'appui des 19 députés de la CAQ et des deux élus de Québec solidaire. Les libéraux se retrouveraient minoritaires.


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