«C'est sûr qu'on permet à la population d'exprimer sa voix, et Bernard et moi disons la même chose, une fois que cette voix se sera exprimée, il faudra avoir de très bonnes raisons de dire non», a soutenu Mme Marois, lors d'une annonce en matière agricole et régionale à La Pocatière.
«Mais on pourra en avoir dans certaines circonstances et ça reste sous l'autorité de l'Assemblée nationale du Québec», a-t-elle dit, ajoutant qu'une de ces raisons pourrait être «l'intérêt supérieur du Québec».
La leader souverainiste a soutenu avoir discuté avec M. Drainville et a dit qu'il y a «pas une feuille de papier à musique» qui les sépare. Elle a cependant refusé de dire, comme M. Drainville le soutient, qu'il y aurait «un prix politique énorme à payer» si un RIP demandant la tenue d'un référendum sur la souveraineté était rejeté du revers de la main.
«Ce sera à nous d'évaluer s'il y a un coût ou pas, ça dépendra des circonstances», a-t-elle affirmé.
La question référendaire a été catapultée au cœur de la campagne électorale par les débats des chefs. À la suite de son face à face avec François Legault qui l'a questionnée sur les RIP, la chef péquiste a effectué une volte-face sur la question en affirmant que les RIP seraient uniquement consultatifs.
Cependant, en conférence de presse en février dernier, la chef du PQ avait affirmé que les référendums d'initiative populaire, un projet parrainé entre autres par M. Drainville, seraient «exécutoires».
Questionnée de nouveau vendredi matin, elle a réaffirmé sa volonté de garder le contrôle de l'agenda référendaire.
Elle a refusé de s'engager à en tenir un dans un premier mandat, comme plusieurs militants la pressent de le faire.
«J'aimerais en tenir un, mais il peut arriver que je ne sois pas capable avec mon équipe, avec l'appui de la population d'avoir une certaine assurance que nous allons le gagner», a-t-elle dit.
Abolition des FIER
La chef péquiste a par ailleurs annoncé qu'un gouvernement péquiste allait abolir les FIER, ces fonds d'investissement régionaux dont la gestion a été largement dénoncée.
À la place, le PQ va créer un nouveau fonds de 500 millions $ pour financer le développement régional.
Elle veut aussi décentraliser et transférer aux municipalités des pouvoirs assortis d'enveloppes budgétaires dans certains domaines, comme l'environnement.
Mme Marois a assuré ne pas vouloir offrir aux villes davantage de pouvoir de taxation.
«Il n'est pas question pour nous d'augmenter les impôts», a-t-elle dit.