Gaétan Barrette refusera de démissionner s'il échoue


Jean-Luc Lavallée

CHÂTEAUGUAY – Le candidat caquiste Gaétan Barrette refuse de s'engager à démissionner, dans un an, s'il devient ministre de la Santé et qu'il ne parvient pas à offrir un médecin de famille à tous les Québécois comme promis.

Pas question de mettre son siège en jeu sur cette promesse, l'une des pierres d'assise de la plateforme électorale de la Coalition avenir Québec. La question, purement hypothétique, est «très amusante en terme de polémique», mais «politiquement inutile», a-t-il largué au journaliste qui s'est aventuré sur le sujet.

«Je vais réussir à donner un médecin de famille à tous les citoyens alors pour moi, ce n'est pas une possibilité (de démissionner). On va arriver à destination. Alors je vous annonce que, si le 4 septembre 2013 je n'ai pas réussi et que je réussis le 4 octobre 2013, non je ne vais pas démissionner.»

«Ça ne fonctionne pas comme ça la politique», a-t-il ajouté. «Admettons que dans la prochaine année, il tombe un météorite sur le Québec et qu'il y a une crise mondiale écologique? Et que je ne réussisse pas parce que je dois faire autre chose en terme de santé publique; est-ce que je vais démissionner?»

«Vous me demandez de prendre une décision maintenant pour dans un an sur un exercice dont on ne sait pas comment il va se terminer. À mon avis il va se terminer favorablement. Je vais livrer la marchandise», a-t-il lâché, avec toute la combativité qu'on lui connaît.

Double discours du Dr Godin

Malgré le scepticisme affiché publiquement par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Gaétan Barrette soutient que son président, le Dr Louis Godin, tient un double discours. «En privé, ce que l'on propose, c'est un rêve éveillé. Si ça arrive pour lui, c'est inespéré! Et le parti qui a le plus de chances de faire ça, c'est nous. Je suis convaincu que le Dr Godin va être en accord avec les propositions qu'on met de l'avant.»

«Il ne peut pas vous dire en personne que ce que je propose, ça a de l'allure! Il n'y a pas un médecin qui va arriver et qui va dire : bon bien là, c'est sûr qu'on fait des heures étendues… Mais tous les médecins, incluant le Dr Godin, au téléphone, vont vous dire : oui, c'est vrai que si on a les ressources (plus d'infirmières, accès aux plateaux techniques, etc.), on va pouvoir produire plus», a renchéri le Dr Barrette, candidat dans Terrebonne.

M. Godin est d'accord sur le fond et aspire au même idéal que le Dr Barrette. Mais il se défend d'avoir deux discours, l'un en public, l'autre en privé. Son discours «n'a pas changé d'un iota», a-t-il insisté. Il a réitéré ses principales réserves, en entrevue avec Le Journal de Québec. Le Dr Godin maintient qu'il manque plus de 1 100 médecins au Québec, contrairement au Dr Barrette qui évoque un problème d'efficacité.

Et les quotas que le CAQ veut imposer (au moins 1 000 patients par médecin de famille) ne tiennent pas compte de la réalité des médecins, martèle-t-il. «Il y a trop de variables et d'impondérables. Ce qu'on n'accepte pas, c'est de se faire dire, ça va être ça ou rien… Jamais on n'acceptera ça», a dit Louis Godin.

Marois comparée à Dalida

Le Dr Barrette, qui a pris la tête de la caravane caquiste en l'absence de François Legault (qui se prépare à son face-à-face contre la chef péquiste) a par ailleurs comparé Mme Marois à la chanteuse Dalida, référant à la célèbre chanson Paroles… Paroles… , mercredi matin, lors d'un point de presse de l'équipe santé de la CAQ à Châteauguay.

«J'invite Mme Marois, ce soir, au débat, pour une fois, de répondre aux questions. On a compris sa dynamique, parler, parler, c'est Dalida… Parler, parler, parler et ne jamais répondre aux questions. Pas de cadre financier, pas de chiffres, pas d'engagements. Il y en a un : elle a pris l'engagement de ne rien faire et d'attendre que les choses se règlent toutes seules en santé!», a-t-il tonné.

Barrette défend Duchesneau

Gaétan Barrette s'est également porté à la défense de Jacques Duchesneau, mercredi, à la suite de reportages faisant état de financement illégal. Deux sources ont affirmé à Radio-Canada que le parti municipal de M.

Duchesneau, à l'époque de sa course à la mairie de Montréal, n'a pas déclaré tous les dons reçus lors d'une soirée de financement.

«Au moment où l'on se parle, ce sont des allégations qui remontent à 14 ans et qui arrivent par hasard en pleine campagne électorale dans un but évident… Je doute fort que ça va affecter son image. Il est l'auteur du rapport qui fait que la commission Charbonneau existe. Tout, dans ce dossier-là, commence par lui. Je suis convaincu que la population demeure derrière nous et comprend qu'actuellement, il y a une manœuvre politique.»

Les caquistes expulsés

Fait inusité, l'équipe santé de la CAQ n'était pas la bienvenue, mercredi matin, dans le stationnement du centre régional Châteauguay (la circonscription du ministre libéral Pierre Moreau). Quelques minutes après le point de presse devant le restaurant Tutti Frutti, l'autobus identifié de la CAQ et les deux autobus des médias ont dû quitter le stationnement précipitamment.

Les gestionnaires du centre commercial auraient indiqué à des responsables de la CAQ qu'ils appelleraient la police si les autobus demeuraient dans le stationnement «privé», pourtant quasi désert. Mardi, un autre imbroglio du genre s'était produit dans une résidence pour retraités de Kirkland. Lors du passage de Jacques Duchesneau, la grande majorité des photographes et caméramans avaient dû rebrousser chemin, n'ayant pas obtenu la permission d'entrer dans l'établissement.


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