Rémi Nadeau
Agence QMI

Des donateurs à la caisse libérale favorisés

Équipements sportifs - Des donateurs à la caisse libérale favorisés

Michelle Courchesne Photo Agence QMI


Rémi Nadeau

QUÉBEC - Les distributeurs d'un produit favorisé pour la construction d'équipements sportifs sont devenus comme par magie des donateurs à la caisse du Parti libéral du Québec, a révélé le Parti québécois.

Dans son rapport sur la gestion du Fonds pour le développement du sport, le Vérificateur général du Québec signalait que cinq projets de terrains de soccer ou de football à surface synthétique examinés ont exigé un produit spécifique qui se retrouve chez un seul distributeur.

Or, selon le Parti québécois, le produit en question est le FieldTurf, distribué par Francesco et Libero Lapenna, résidents de Laval et de la circonscription de Lafontaine.

«Des citoyens qui n'avaient jamais versé de contributions à un parti politique, jamais jusqu'en 2007 où, comme les gens qui avaient obtenu des places en garderie, ils se sont alors mis à contribuer à la caisse électorale du Parti libéral», a affirmé ce jeudi le député Bertrand Saint-Arnaud.

D'après les vérifications du PQ, les deux hommes provenant de la même région que la ministre administrant le programme, Michelle Courchesne, ont alors versé 4000$ au PLQ jusqu'en 2009, avec leur conjointe.

«Qui a ainsi collecté pour la caisse électorale du Parti libéral?», a tonné le député de Chambly. Contournant la question, la ministre de l'Éducation a soutenu que les caractéristiques des équipements construits avaient été identifiées par les fédérations sportives des différentes disciplines concernées.

«Ensuite, les municipalités, les commissions scolaires, en vertu de lois et des règles, font l'adjudication des contrats», a-t-elle ajouté.

À l'encontre des règles

Dans son rapport accablant déposé la semaine dernière, le Vérificateur général signale que le fait de diriger l'appel d'offres pour la construction des terrains vers un seul distributeur est contraire aux règles.

«Cette façon de faire ne favorise pas l'obtention du meilleur prix et va à l'encontre des règles d'attribution des contrats», a écrit le vérificateur par intérim, Michel Samson.

«Le distributeur unique a obtenu les contrats pour les cinq surfaces synthétiques [vérifiées], le coût total s'élève à 3,2 millions $ et un de ces projets n'a pas fait l'objet d'un appel d'offres public comme l'exige la réglementation.»

Des millions en trop

Par ailleurs, le rapport révélait aussi que le Fonds avait versé des montants d'argent en trop dans le cadre de différents projets, en couvrant des dépenses non admissibles, comme des cantines et des bars.

Questionnée à ce sujet, Michelle Courchesne a affirmé qu'une équipe du ministère était à pied d'œuvre depuis 2010 pour faire le suivi des projets supportés financièrement, comme le réclame le Vérificateur.

«C'est 3 millions $ que nous avons réussi à récupérer et je peux vous assurer que cette équipe poursuivra ce travail de façon rigoureuse et que les dossiers seront analysés pour s'assurer qu'ils répondent à l'admissibilité des règles», s'est défendu la ministre.

«Quand on se fait prendre, on change les règles puis on tente de récupérer les sommes perdues», a déploré le député Saint-Arnaud.

La ministre Courchesne, qui était ministre de l'Éducation lorsque le Fonds a distribué plus de 396 millions $ pour des projets à travers le Québec entre 2007 et 2010, est la cible des partis d'opposition depuis la publication du rapport du VG.



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