MONTRÉAL - Le Parti québécois promet d'ajouter des dents à la loi 101 afin de préserver le français comme langue de travail à Montréal.
«Il faut revoir la Charte de la langue française, afin de restaurer son esprit et de l'appliquer», a lancé le député de Gouin Nicolas Girard, qui réagissait dimanche à un sondage CROP publié dans L'actualité.
M. Girard a promis que si le PQ est élu aux prochaines élections provinciales, la nouvelle législation exigerait que le français soit la langue d'usage dans les entreprises de 11 à 50 employés.
L'anglicisation des milieux de travail, qui est considérée comme étant normale par les anglophones, inquiète les députés péquistes.
«C'est un coup de semonce important. Le portrait qui est dressé dans cette étude est inquiétant, a déploré Yves-François Blanchet, porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, d'immigration et de communautés culturelles. C'est toute une génération de jeunes anglophones qui ne connaissent pas la véritable signification de la loi 101.»
M. Blanchet assure toutefois ne pas vouloir «jeter de pierre à la communauté anglophone», ajoutant qu'il en reviendrait au gouvernement provincial d'établir les balises qui protégeront la langue officielle du Québec.
Le gouvernement libéral montré du doigt
Yves-François Blanchet accuse le gouvernement libéral de «laxisme».
«Le gouvernement de Jean Charest agit en complaisance envers son électorat anglophone et ne fait rien pour assurer la pérennité du français à Montréal, a-t-il déclaré. Son message est que les gens peuvent ignorer la loi 101 sans qu'aucun recours ne soit intenté contre eux.»
Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire et député de Mercier, s'est lui aussi dit préoccupé au sujet de la régression du français au sein de la métropole, en relativisant quand même le sondage en question.
«Il y a beaucoup de contradictions dans ce qui est rapporté dans cet article (publié dans le magazine L'actualité). Il existe beaucoup de familles anglophones qui maîtrisent le français et qui l'utilisent en public», a précisé M. Khadir, qui appelle à la responsabilisation de la majorité francophone qui devrait «exiger que le français soit la langue d'usage dans le contexte de leur emploi».