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Le Devoir porte plainte

Canular sur la mort de Charest - Le Devoir porte plainte

Jean Charest a plutôt réagi avec humour.©Agence QMI/ Journal de Québec/ Jean-Claude Tremblay

Dernière mise à jour: 16-08-2011 | 12h45

MONTRÉAL – Le Devoir a décidé de porter plainte à la police après que son site web eut été la cible de pirates informatiques dans la nuit mardi : un article annonçant la mort de Jean Charest y avait été publié peu après 1 h.

Le texte, qui tenait en un court paragraphe, mentionnait que le premier ministre était décédé d'une crise cardiaque au CHUM dans la nuit, et que l'établissement avait confirmé la nouvelle.

L'attaché de presse du premier ministre Charest, Hugo D'Amours, avait rapidement indiqué à l'Agence QMI que son patron n'était pas mort, qu’il se portait bien, et qu'il s'agissait d'un canular. La porte-parole du CHUM, Nathalie Forgues, avait aussi démenti la nouvelle au cours de la nuit.

Et histoire de dissiper tout soupçon quant à son état de santé, M. Charest s’est présenté « en chair et en os » devant les journalistes, mardi avant-midi.

Loin d'avoir l'air préoccupé, le principal intéressé a plutôt réagi avec humour. «[Quand j’ai appris la nouvelle] j'étais en train de faire mes exercices. Je me suis dépêché d'aller regarder dans le miroir si j'étais encore là!» a dit M. Charest.

«Ces choses-là sont toujours étonnantes, a-t-il ajouté. Mais je dois dire que le journal Le Devoir a réagi très promptement.»

La page sur Jean Charest de l’encyclopédie sur internet Wikipedia avait également été modifiée, et la date du faux décès y avait été ajoutée. Elle a vite été retirée.

Acte de piratage

Avisé pendant la nuit par l’Agence QMI, un cadre de la rédaction du « Devoir » avait indiqué que le site avait probablement été piraté. Le texte fautif est tout de même demeuré en ligne pendant environ une heure et demie, et encore plus longtemps sur les applications mobiles.

Par ailleurs, le site a été mis hors service peu après 2h30, avant d'être de retour en ligne, peu après 4 h. D’autres interruptions ont été constatées pendant la journée.

L'équipe de rédaction du « Devoir » a ensuite publié sur son site un court communiqué démentant la nouvelle : «En début de nuit, LeDevoir.com a publié un texte annonçant le décès de Jean Charest. Cette nouvelle, qui a rapidement été reprise par des postes de radio, et par différents abonnés Twitter, était fausse. Selon les informations dont nous disposons en fin de nuit, notre site aurait été piraté. Nous poursuivons nos recherches pour savoir ce qui s'est passé exactement. Nous offrons évidemment toutes nos excuses au premier ministre, ainsi qu'à nos lecteurs. “Le Devoir” ne peut pas commenter davantage tant qu'il n'aura pas identifié la source du problème.»

«Gros et grossier»

La rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, s'est dite désolée de la situation. Selon elle, il a été impossible de publier un rectificatif immédiatement. «Pendant au moins une heure encore, on n'a pas été capable d'enlever la nouvelle et de mettre nous-mêmes un rectificatif», a-t-elle expliqué en entrevue.

«Aujourd'hui, l'information circule tellement rapidement que même à 2 h ou 3 h du matin, il y a quand même des gens pour relayer cette information», a ajouté Mme Boileau.

Josée Boileau a ajouté que l'équipe technique tentait de trouver la source de cet acte de piratage. Elle a aussi affirmé que le tout était «gros et grossier» et que l’affaire n'en resterait pas là.



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