Guéri à cinq ans: le frère André a changé sa vie

Canonisation du frère André - Guéri à cinq ans: le frère André a changé sa vie

Jacques Berthiaume.©Agence QMI


Jules Richer

Jacques Berthiaume doit tout au frère André. Il lui doit son existence et il lui doit son choix de carrière. «Ç’a été ma vie», dit-il. Aujourd’hui, le religieux est de 84 ans et coule des jours paisibles dans une maison de retraite située près de l’Oratoire Saint-Joseph.

En 1935, alors qu’il avait neuf ans, le frère André - qui sera proclamé saint, dimanche - l’a guéri miraculeusement, lui permettant de marcher sans ses béquilles.

Il est l’un des rares «miraculés» directs du frère André toujours en vie.

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Mais, en réalité, frère Berthiaume est tout aussi redevable à sa mère. C’est elle qui a eu le courage et la détermination d’insister auprès du frère André pour qu’il le guérisse.

Car le religieux guérisseur n’avait pas le caractère facile. Il a fallu une vingtaine de visites à l’Oratoire Saint-Joseph pour que sa mère réussisse à arracher une solution pour améliorer la santé de son enfant. Une fracture de hanche à l’âge de trois ans avait causé chez lui toutes sortes de problèmes.

«Les premières fois qu’on est allé voir le frère André, il disait: "frictionnez-le avec le l’huile de saint Joseph". Ma mère en a usé des gallons et des gallons à me frictionner», raconte le frère Berthiaume en entrevue.

«J’ai dû rencontrer le frère André entre 18 et 20 fois, ajoute-t-il. Il n’y avait rien qui se produisait.»

Soudainement, les choses virent au pire. Des plaies suppurantes apparaissent dans le dos de l’enfant. Un médecin se rend à la maison familiale de Saint-Césaire et affirme que le petit ne survivra pas.

Désespérée, la mère de Jacques installe l’enfant sur des oreillers dans une voiture. Direction: Oratoire Saint-Joseph. Là, le frère André n’est pas du tout accueillant. Malgré les supplications, ils doivent faire la queue comme tout le monde. Les heures passent et finalement le frère André examine le petit.

Comme remède, il propose une solution surprenante: il faut frictionner l’enfant avec de l’eau de vaisselle. «Mes parents sont revenus à Saint-Césaire en grand silence; ils étaient très désappointés», dit le frère Berthiaume.

En désespoir de cause, le lendemain, on essaie le «remède». Et ça fonctionne. Les plaies se referment et jamais plus elles ne causeront de soucis.

Pour le frère Berthiaume, il ne s’agit pas là d’un miracle, mais d’une faveur spéciale. Pour que ce soit un miracle, il faut, selon lui, que l’effet soit instantané. Comme ce fut le cas quelques années plus tard.

La fracture de sa hanche avait eu de lourdes conséquences. L’enfant avait une jambe plus courte que l’autre et devait utiliser des béquilles pour se déplacer.

Un jour, par un concours de circonstances, le frère André s’arrête à Saint-Césaire. En entendant la nouvelle, la mère de Jacques l’envoie voir le frère. «Je me place devant lui et il ne me dit pas un mot. Un moment donné, il dit: "c’est toi ça!" Il me connaissait, ça faisait plusieurs fois qu’il me voyait.»

Le miracle survient alors. Le frère André prend les béquilles du petit et les dépose par terre. Il lui dit d’aller voir sa mère. L’enfant part en courant sans se rendre compte qu’il n’a plus besoin de ses béquilles. «En me voyant, ma mère a commencé à pleurer: "tu ne t’aperçois pas que tu marches!"»

«C’est ça un miracle. Il faut que ça soit instantané», précise le frère Berthiaume.

Ces guérisons le marqueront pour le reste de sa vie. Plus tard, quand vient le temps de trouver un métier, son père l’incite à devenir commis de bureau. «J’ai dit non: je rentre chez les frères Sainte-Croix; le frère André m’a guéri.» Il choisira la même congrégation religieuse que le frère André.


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