Le lobbyiste allemand avait promis des révélations sensationnelles et il a tenu parole à sa deuxième journée de comparution devant le comité d'éthique de la Chambre des communes.
Du frais
Celui qui a mis l'ancien premier ministre Brian Mulroney dans l'embarras a révélé cette fois avoir remis en mains propres 30 000 dollars en «argent comptant» au frère de Jean Charest, l'homme d'affaires Robert Charest.
En réponse au député néodémocrate Thomas Mulcair, Karlheinz Shcreiber a parlé d'un geste «spontané».
«Je dois confesser que lorsque j'ai appris que M. Charest y allait pour le leadership, j'ai pensé que ce serait quelque chose de bon, quelque chose de frais pour le Canada», a-t-il dit en parlant de Jean Charest.
Il avoue... 10 000$
La réaction n'a pas été longue à venir à Québec. Aussitôt sorti d'un caucus avec ses députés hier matin, le premier ministre libéral a confirmé que son frère Robert avait bel et bien reçu de l'argent en espèces de Schreiber pour sa campagne au leadership de 1993.
«J'ai parlé avec mon frère ce matin et ce serait une contribution de 10 000 $ en argent comptant. Robert a agi comme bénévole pour moi et il n'était pas responsable des levées de fonds», a expliqué Jean Charest.
Selon lui, c'est l'ancien ministre conservateur Helmer MacKay qui a demandé à Schreiber de faire une contribution à sa campagne par l'entremise de Robert Charest, alors son adjoint législatif.
Le premier ministre du Québec a nié avoir jamais rencontré le lobbyiste.
Plus de trace?
Lors d'un second point de presse en fin d'après-midi, Jean Charest a répété qu'il ne savait rien de cette histoire. «Je suis comme vous, j'ai appris cela ce matin», a-t-il dit.
Malgré que son frère ait agit comme contrôleur lors de sa campagne de l993, il a dit ne pas savoir si les dons reçus ont été comptabilisés en bonne et due forme.
«C'était il y a une quinzaine d'années et le Parti progressiste conservateur n'existe plus, alors moi je ne sais pas s'il y a une comptabilité qui existe là-dessus», dit-il.
Les partis d'opposition à Québec ont sommé le premier ministre de faire preuve de «transparence».
Embarrassant
Sébastien Proulx, de l'ADQ, a noté que jusqu'à présent «on sait que deux politiciens ont reçu de l'argent de ce monsieur, MM. Mulroney et Charest. C'est une situation très embarrassante pour M. Charest. Il doit nous dire dans quel contexte ça a été fait et à quoi a servi l'argent ».
Stéphane Bédard, du PQ, affirme que la légalité dans cette histoire «n'est pas une grosse défense».
Il faut savoir, entre autres, si c'est 30 000 $ ou 10 000 $ qui ont été versés. «N'oublions pas que M, Schreiber était sous serment et que dans le cas de Brian Mulroney, il n'a pas menti.»