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Crise à Québec

Dumont a péché par orgueil

Yves Chartrand
Le Journal de Montréal
02/06/2007 09h17 

QUÉBEC | Mario Dumont a expliqué hier de long en large les raisons qui lui ont fait quitter Québec pour Montréal jeudi alors que la crise politique atteignait son point de rupture. Mais il a aussi admis qu'il a commis une première faute politique.

Le sujet du jour hier à l'Assemblée nationale n'était déjà plus le règlement intervenu entre les péquistes et les libéraux pour sortir le gouvernement minoritaire de la crise et d'élections anticipées.

La question sur toutes les lèvres était de savoir quelle mouche a piqué le chef adéquiste pour prendre la poudre d'escampette vers Montréal alors que les négociations entraient dans la phase critique.

Mea culpa

En point de presse, Mario Dumont a prononcé un bref mea culpa. «Je reconnais que, peutêtre, ce n'était pas l'idéal d'être à Montréal, a-t-il avoué. Mais, ayant vu tous les événements, c'aurait été d'une totale inutilité.»

Selon Mario Dumont, le premier ministre ne lui a rien offert jeudi midi lorsqu'il a sollicité une rencontre. "La seule offre dont il m'a parlé, c'est la possibilité qu'un certain nombre de nos députés ne se présentent pas en chambre, et ça il n'en était pas question.»

Le chef adéquiste a répété que tout le psychodrame politique de la dernière semaine aurait été évité si la ministre Jérôme-Forget avait consulté avant de faire son budget. «C'était ça son devoir: s'assurer de l'appui d'un des partis d'opposition avant que le budget ne soit imprimé», dit-il.

Mario Dumont martèle cet argument depuis plusieurs semaines. De toute évidence, il y a beaucoup d'orgueil dans sa décision de refuser de négocier après que le budget eut été fixé par Monique Jérôme- Forget.

«Belle atmosphère»

Hier, il a encore parlé de «la belle atmosphère de bonne entente» entre les libéraux et les péquistes. «La ministre des Finances a parlé de mariage. Il ne manquait que les confettis et les fleurs», s'est-il moqué.

Dumont a fait un lien entre le consentement du PQ à laisser passer le budget et une augmentation de 500 000 $ de son budget de recherche juste avant le dépôt du budget

Péquistes et libéraux ne se sont pas gênés pour soutirer le maximum de cette bourde de Mario Dumont, dont le parti continue à progresser dans les sondages et qui est devenu le «chouchou» des Québécois.

«Sa Majesté»

«Sa Majesté a choisi d'être absent, s'est moqué Jean Charest en faisant référence au serment d'allégeance. Et, pendant que Sa Majesté était absent, il y a des gens qui préparaient des solutions, pendant que d'autres essayaient de préparer des élections», a-t-il accusé.

La ministre Monique Jérôme- Forget a estimé que «l'ADQ n'a pas été à la hauteur du défique nous devons relever» dans un parlement minoritaire et «ne comprend pas ce qu'est le sens du devoir».

Pour sa part, le chef intérimaire du PQ François Gendron a parlé d'une »attitude pour le moins très questionnable» de Mario Dumont «qui a décliné une offre de rencontre avec le premier ministre» jeudi. Il y voit «un manque de responsabilité chronique» dans la nouvelle réalité d'un gouvernement minoritaire.








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